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Chapitre 5
 
Un Royaume à construire
 
Ce que la JEC m’a apporté ? Je voudrais m’attarder un peu maintenant sur un troisième aspect, tout aussi important que les deux premiers, et je crois pouvoir dire que la JEC m’a tout particulièrement ouvert à cette dimension : nous sommes invités à participer à la construction du Royaume de Dieu.

Invités n’est sûrement pas le mot qui convient le mieux quand on lit certains passages de l’Evangile. A ceux qui ne font rien, est réservé un certain endroit : « Là seront les pleurs et les grincements de dents ! » (Matthieu 25,30). Mais en même temps, dans les mêmes évangiles, on ne voit jamais le Christ empoigner quelqu’un par la peau du dos. C’est généralement : « Si tu veux » (Matthieu 19,17)
La Bonne Nouvelle est proposée. Ne faut-il pas se situer au niveau de ces petits enfants qui un jour, dans mon bureau, allongés par terre, feuilletaient chacun un livre d’images, et ne cessaient de s’appeler l’un l’autre, celui-ci pour faire admirer à son voisin, le papillon qu’il avait découvert dans son livre, tandis que l’autre voulait partager son admiration pour l’oiseau qu’il découvrait dans le sien. Il est difficile de se trouver seul devant un spectacle magnifique. Il est des feux d’artifice par exemple qui sont superbes à voir, mais en bonne compagnie !
 

 
N’en est-il pas de même pour la Bonne Nouvelle que le Christ est venu nous annoncer ? Peut-on la garder pour soi ?

L’Esprit qui habitait le prophète Isaïe, habitait aussi Jésus, et nous habite encore aujourd’hui. Cet Esprit de Dieu qui repose sur nous, nous envoie proclamer une Bonne Nouvelle qui ne se réduit pas à des mots : « Je suis venu pour que les hommes aient la vie... » (Jean 10,10)


Il nous est donc proposé avec insistance de ne pas nous contenter de belles paroles. Avec les jécistes, chaque révision de vie est une occasion qui nous invite à être « levain dans la pâte », à « être le sel de la terre ». Cette terre, depuis Jérusalem jusqu’à ses extrémités est appelée à devenir le Royaume de Dieu. Si le Christ lui-même a inauguré ce nouveau règne, il nous invite à poursuivre son oeuvre avec lui.


Voici une révision de vie, particulièrement réussie ! Nous sommes toujours à Libreville. Certains collégiens et lycéens ont une fâcheuse habitude : jouer les cascadeurs. De quoi s’agit-il ? Les bus scolaires qui transportent les élèves depuis leurs établissements jusque dans certains quartiers de la ville sont pris d’assaut. Jouant avec leur vie, quelques-uns n’hésitent pas à monter sur le toit du bus. Les accidents, avec des blessés et parfois avec des morts, ne les empêchent pas de prendre des risques fous. A la suite d’un de ces nombreux accidents, un comité JEC prend l’événement comme sujet de révision de vie. Voir, Juger, Agir. J’arrive dans le comité, vers la fin de la réunion, pour entendre quelqu’un faire le résumé suivant : « on va conscientiser les autres ». Et on se met debout pour la prière finale ! Je leur demande si malgré l’heure tardive, ils peuvent se rasseoir et m’expliquer. « On va conscientiser les autres ». On, c’est qui ? Conscientiser : comment ? Les autres : quels autres ?


Bonnes questions ! Réponse : « Mon père, nous allons reprendre tout cela la semaine prochaine ».

Effectivement, ils se sont remis à l’ouvrage la semaine suivante, et le résultat fut assez remarquable. Constatant leur petit nombre, une douzaine, ils comprirent qu’ils ne pourraient pas conscientiser les autres tout seul. D’autant que les autres, ce n’étaient pas seulement les élèves cascadeurs. Ils voulaient mettre dans le coup les établissements scolaires, élèves et professeurs, la compagnie de bus Sotraville, les parents… Il fut alors décidé d’organiser dans un maximum de classes, un concours : qui dessinerait l’affiche la plus convaincante sur le thème : « ne risquons pas de perdre notre vie » ?
Le comité connaissait une jéciste qui avait pour amie la fille du directeur de Sotraville. Facile alors de contacter ce directeur qui fut d’accord pour payer l’imprimerie quand la meilleure affiche fut choisie. L’artiste fut récompensé, les affiches distribuées à travers la ville.


Voilà comment ce comité a réussi à être « levain dans la pâte », comment il a réussi à mettre en mouvement toute une longue liste de personnes. Le résultat en chiffres par rapport au nombre d’accidents est bien sûr impossible à donner, mais créer un mouvement en faveur du respect de la vie, voilà bien qui rejoint le Christ venu pour que les hommes aient la vie.


Etre « levain dans la pâte », « sel de la terre », « lumière du monde », être au service de la société, tout cela peut vite s’oublier ! Le risque existe toujours de laisser cette mission que le Christ nous a confiée pour nous renfermer sur la recherche du bon fonctionnement de notre communauté, de notre mouvement, de notre paroisse. A nous de lire et de relire les paroles fortes de Jésus. A nous de retenir aussi les exemples vivants que nous pouvons avoir sous les yeux aujourd’hui.

Quand Jacques Gaillot, l’évêque d’Evreux, en France, sortait de sa cathédrale pour aller « s’égarer » comme le pensaient certains, dans des milieux peu habitués à rencontrer des chrétiens, et encore moins des évêques, ne se mettait-il pas au service de la société ? Aujourd’hui, évêque de Partenia, le voilà à plein temps au service de la société ! Ne donne-t-il pas une impulsion à une Eglise qui devrait être toujours mieux porteuse d’une bonne nouvelle pour tous ? Le sel n’est pas fait pour la salière, il est fait pour les aliments.


Dans la JEC, avec la révision de vie, nous avions un autre outil pour être mieux au service de la société : la Campagne d’Année. Aumônier national de la JEC-Gabonaise durant une quinzaine d’années, j’ai participé, année après année, à l’élaboration de ce que nous appelons la Campagne d’Année. Lors des Conseils Nationaux, tous les deux ans, le Bureau National et les responsables des comités, prenant conscience des problèmes de société touchant particulièrement les jeunes, proposent, pour toute une année, un sujet de réflexion et d’action. Les comités sont alors incités, à travers tout le pays, à retenir de préférence, comme sujets de révision de vie, des faits en rapport avec la Campagne d’Année. La lutte contre l’échec scolaire a particulièrement retenu l’attention de tous, deux années durant, au lieu d’une habituellement. D’autres sujets me reviennent à l’esprit : « Lutte contre le vagabondage sexuel, les MST et le sida », « Soyons responsables », etc.
 

 
Cette Campagne d’Année : « Soyons responsables » avait porté des fruits visibles. Bien des jécistes avaient pris effectivement des responsabilités. A la maison, ils se sentaient responsables de la réussite dans les études de leurs jeunes frères et sœurs. Ils n’hésitaient pas à leur consacrer du temps pour des explications dans telle ou telle matière. Au lycée, plusieurs avaient accepté des responsabilités dans leur classe. Dans les comités, chacun était responsable de quelque chose. Les « chargés de » ceci ou cela avaient fleuri. Pas d’inactifs ! Dans la communauté paroissiale, beaucoup s’étaient aussi investis à différents niveaux, selon leurs compétences et leurs goûts. Aux Rois Mages, une dizaine de jécistes étaient devenus des « accompagnateurs » des équipes d’enfants (CV-AV). Plusieurs ont pris l’engagement de participer à l’éveil de la foi des plus petits, d’autres sont devenus catéchistes au niveau des enfants du primaire.
 
 
 
 
 
 
Fête de l’amitié organisée par les CV - AV
Une dizaine de jécistes étaient devenus  « accompagnateurs » 
des équipes d’enfants (CV-AV)
 
« Etre responsable », une Campagne d’Année qui avait eu du succès, peut-être parce que, être responsable, c’est grandir à ses propres yeux, aux yeux des autres et aux yeux de Dieu qui nous a fait à son image.

Construire le Royaume de Dieu, c’est être attentif d’abord à ceux qui souffrent. S’engageant sur la lancée des grands prophètes de la première Alliance, Jésus s’est employé à « proclamer aux captifs la libération, et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer les opprimés en liberté, proclamer une année d’accueil pour le Seigneur » (Luc 4,18).


Je vous le disais plus haut : la plupart des étudiants Africains en France connaissent les difficultés de tous les étudiants mais à celles-ci, il faut ajouter l’éloignement de la famille et les problèmes dus à la vie au sein d’une culture pas toujours très accueillante ! Ceux qui souffrent sont plus nombreux qu’il n’y paraît !
Quand j’étais à l’aumônerie catholique des étudiants Africains sur l’Ile de France, je me souviens de P., étudiante béninoise, jeune fille tranquille qui avait trouvé une chambre chez une dame, à Paris, moyennant quelques travaux et la garde, le soir, d’un enfant de dix ans. Un jour, je la vois arriver à l’aumônerie, excédée, au bord de l’explosion. Elle était vraiment exploitée par cette dame, et elle en tremblait. Plus tragique encore, une autre jeune fille s’est retrouvée à l’hôpital. Elle avait voulu mettre fin à ses jours. Que faire ? On ne peut pas changer la société d’un seul coup de baguette magique, mais on peut déjà écouter. Celui qui n’en peut plus est souvent heureux de trouver une oreille attentive. Et quand on peut le mettre en contact avec l’AJAF, il trouve plusieurs oreilles attentives ! Autrement dit, il trouve un climat d’amitié, de confiance qui lui permet au moins de se relever et de repartir peut-être d’un bon pied. La petite communauté spiritaine de Chevilly, à laquelle j’appartenais alors fut aussi un havre de paix pour un bon nombre d’étudiants en difficulté.
 
 
 
 
 A Chevilly Larue, chez les spiritains :
une communauté accueillante
 
 

 
 
Est-il besoin d’ajouter que la révision de vie nous habitue à rechercher les causes du fait retenu ? Il ne suffit pas de porter rapidement un jugement moral. Il faut encore se demander : « pourquoi cela est-il arrivé ? ». Et même aller au pourquoi du pourquoi ? En prenant le temps de rechercher les causes lointaines, on se donne la possibilité d’agir au moins à un niveau. Car nous voulons passer à l’action. Nous ne voulons pas nous entendre traiter de « serviteur bon à rien » (Matthieu 25,30). Même si nous constatons qu’il est de plus en plus difficile d’agir pour transformer le monde, ceci n’est pas une raison pour le fuir. Jésus n’a pas reculé. Avec lui, nous ne pouvons qu’aller de l’avant.

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Chapitre 6
 
Une façon de s’organiser, en Eglise.
 
C’est le dernier point sur lequel je voudrais retenir un peu votre attention : la JEC m’a apporté une façon d’organiser la communauté. En arrivant à Libreville, aux Rois Mages, en 1971, j’avais donc une petite expérience de l’Action Catholique de l’Enfance, et j’ai trouvé sur place un comité JEC. Tout de suite, j’ai proposé aux enfants de s’organiser en équipe de CV-AV, et tout aussi rapidement, les jeunes ont commencé à s’organiser en comités JEC.

Et il en fut de même avec les adultes. Un beau jour, un monsieur d’un certain âge vient me faire part de son souhait d’être baptisé. Très bien, mais qui va lui faire découvrir un peu mieux le Christ qu’il veut suivre ? Comment va-t-il faire pour comprendre un peu mieux le contenu de la Bible ? Le baptême n’est jamais que le signe d’une nouvelle façon d’envisager la vie. Comment faire puisqu’à cette époque, il n’y avait pas de catéchisme organisé pour les adultes dans la paroisse ? Heureusement, il est fang, et il existe des livres adéquats, en fang. Sans réfléchir plus longtemps, je lui demande s’il connaît, près de chez lui, des chrétiens qui pourront lui expliquer cette Bonne Nouvelle, écrite dans sa langue. Il en trouvera et ce sera le début d’un premier « groupe de chrétiens », à Akébé Plaine.

Des personnes appartenant à ce groupe, constitueront bien vite un autre groupe dans leur quartier, à Akébé Kinguélé. Pourquoi faire chaque semaine le déplacement Akébé Plaine - Akébé Kinguélé, alors qu’il n’est pas si difficile de créer un groupe chez soi ? Pas si compliqué... en apparence du moins ! Car vivre ensemble, partager, ce n’est pas toujours évident. Certains groupes n’ont pas connu une longue vie. Mais quand j’ai quitté Akébé, en 1991, il existait quatorze communautés. Quatorze communautés créées en vingt ans, ce n’est pas un exploit, mais ça commence tout de même à compter.


Sans m’en rendre compte sur le moment, j’avais calqué un peu l’organisation de ces groupes de chrétiens sur l’organisation de la JEC. Très vite, les « groupes de chrétiens » se sont appelés « communautés ». Après les « équipes » d’enfants et les « comités » de jeunes, voici donc les « communautés » d’adultes. En y ajoutant le nom du quartier, il était permis d’y voir plus clair. Plus tard, les communautés ont préféré le nom d’un saint au nom de leur quartier.


Par consensus, chaque communauté trouvait son responsable, son secrétaire, son trésorier, etc. Comme dans les comités JEC, nous avions créé toute une série de « chargés de... ». Chaque premier mercredi du mois, il y avait la réunion des responsables. En 1983, dix ans après la création de la première communauté, nous avons organisé une Assemblée Générale des Communautés. Et nous avons décidé la création d’un Bureau des Communautés chargé d’animer l’ensemble des communautés. Le Bureau devait être renouvelé par vote, à chaque Assemblée Générale, tous les deux ans.
 
 

Une petite différence avec la JEC : les statuts. A chaque Conseil National de la JEC-Gabonaise, les jeunes, tout au moins certains, aiment passer beaucoup de temps à pinailler sur les statuts. C’est un inconvénient, mais c’est aussi un avantage : n’importe quel responsable ne peut pas se permettre de faire n’importe quoi. Au niveau des communautés, le manque de statuts peut être un inconvénient... Mais c’est un autre débat !


Par contre, autre ressemblance avec la JEC : les communautés chrétiennes des Rois Mages ont pris une habitude : chaque mois, en fonction de l’actualité ou des problèmes qui se posent plus fréquemment, un sujet était choisi et proposé à la réflexion de toutes les communautés. Une espèce de Voir, Juger, Agir, sans le dire. Quelques sujets parmi d’autres : l’argent dans le ménage, la sorcellerie, l’éducation des enfants, comment être chrétien à l’hôpital, y-a-t-il une mort chrétienne ?


Ce dernier sujet nous avait été suggéré par René Luneau
[1], qui avait passé plusieurs jours dans nos communautés en 1984. Notre réflexion fut une petite pierre apportée à la rédaction d’un ouvrage consacré à l’intelligence du mystère pascal : « Pâques africaines d’aujourd’hui »[2] Comme le dit René Luneau dans le liminaire du livre, en parlant de nos contributions : nous avons donné à voir et à entendre.

C’est en effet avec la méthode du Voir, Juger, Agir, que nous avons travaillé ce sujet, comme les autres. Nous avons pris de longues soirées, dans les différentes communautés, pour regarder les comportements traditionnels à l’égard de la mort et pour voir aussi dans quelle mesure la résurrection de Jésus avait modifié ces comportements. Le livre donne à voir et à entendre sur ce qui se passe, non seulement dans l’une ou l’autre région du Gabon, mais aussi au Cameroun, au Tchad, au Sénégal, au Zaïre, aujourd’hui République Démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire, etc. Dommage que les communications entre tous ces pays, et donc entre les communautés chrétiennes de ces pays soient difficiles. Il y aurait encore bien des recherches intéressantes à faire ensemble pour parvenir à une « inculturation » toujours plus profonde. Avec le courrier électronique, tout ira peut-être mieux, dans quelques années… Mais en Afrique comme partout ailleurs, nous n’aurons jamais fini de comprendre, chacun avec sa culture, le mystère pascal !


En 1989 ou 1990, durant les émeutes à Libreville, certains ont été témoins de scènes de pillage. Au cours d’une réunion de communauté, quelqu’un nous fait part d’un fait qui l’a scandalisé : il a vu un chrétien sortir d’un magasin avec un frigidaire sur le dos ! « Vous vous rendez compte, un chrétien ! ». Automatiquement, réflexe de jéciste, je pose la question : pourquoi a-t-il fait cela ? Il ne suffit pas de voir, il faut chercher les causes. Plusieurs raisons furent évoquées, parmi lesquelles la raison suivante : « nous sommes dans une société où certains s’en mettent plein les poches, il a voulu faire comme eux ! ». Et ce fut le début d’une réflexion sur un sujet jusque là tabou : qu’est-ce que la politique ? Un chrétien doit-il faire de la politique ?


La JEC nous a donc apporté une façon de nous organiser.

Que l’on parle d’équipe, de comité ou de communauté, j’ai toujours été amené à vivre avec les uns et les autres, en famille, à ma place de prêtre, à côté du responsable et des chargés de... Les équipes d’enfants étaient menées par des « meneurs » ou des « meneuses ». Des accompagnateurs, juste un peu plus âgés qu’eux, leur donnaient un petit coup de main. Les comités et les communautés s’organisaient sous la houlette du responsable. Le prêtre que j’étais avec eux s’efforçait d’écouter les uns et les autres, et d’assurer la communion. Pas toujours facile ! Les conflits de toutes sortes ne manquent jamais. L’avantage, quand on fait partie de la famille depuis longtemps, c’est que l’on finit par connaître beaucoup de monde. La plupart du temps, je ne cherchais pas à résoudre moi-même un conflit. Je cherchais les personnes capables de comprendre la situation et capable de mettre de l’huile dans les rouages plutôt que de l’huile sur le feu.


Voilà comment la JEC m’a appris à être prêtre. Etre avec, vivre avec, assurer le mieux possible la communion, nous ne sommes pas loin de la messe. Malheureusement, le mot « messe » ne veut pas dire grand-chose aujourd’hui. Rappelons nous alors le saisissant raccourci de Saint Jean : « Celui qui dit j’aime Dieu et qui n’aime pas son frère, est un menteur » (1 Jean 4,20).

La communion avec Dieu, dont il est question à la messe, passe par la communion avec nos frères et sœurs.
Je parlais au passé, en relatant ce que la JEC m’a apporté durant les années où je résidais au Gabon. Tout ceci reste vrai, vous l’avez compris, dans un autre contexte, celui de l’Association des Jécistes Africains en France. Ici aussi, je suis prêtre. Je ne suis pas responsable. Tous les ans, un responsable est élu (ou réélu), et chaque membre de l’association a un rôle à jouer.
Sur ce schéma encore, toujours en France, et plus précisément en Ile de France, en remplacement de l’Aumônerie des Etudiants Africains, nous avons bâti une « Coordination au service de la Jeunesse Africaine en Ile de France ». Un bureau, des personnes relais, des commissions. Je fais partie du bureau, tout comme le responsable, le trésorier, le secrétaire. A ce point de mon témoignage, je dois dire que nous rencontrons ici un problème : les autorités de l’Eglise, en Ile-de-France, ne reconnaissent pas ce mode de fonctionnement. C’est à moi, et à moi seul, qu’il a été signifié, en novembre 1999, que les activités de la Coordination cesseraient en août 2000. Mais c’est une autre question sur laquelle je reviendrai dans la troisième partie.
 
[1]René Luneau, membre du Groupe de sociologie des religions au CNRS, enseignait à l’Institut Catholique de Paris
[2] J. Doré, R. Luneau, F. Kabasele, Pâques africaines d’aujourd’hui, Collection Jésus et Jésus Christ, n°37, Desclée 1989
 
Avant de conclure, et comme annoncé plus haut, voici le Rapport Moral présenté par la responsable nationale de la JEC Gabonaise, au terme de son mandat. C’était à Libreville, en 1989, lors du Conseil National de ce mouvement. Ce rapport riche en détails sur le travail accompli durant deux années, vous permettra de comprendre un peu mieux encore, et l’organisation du mouvement, et le climat dans lequel ont germé les propositions contenues dans la dernière partie : « Si c’était à refaire »  ...


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1989, Conseil National de la JEC, Rapport Moral

Avant de conclure, et comme annoncé plus haut, voici le Rapport Moral présenté par la responsable nationale de la JEC Gabonaise, au terme de son mandat. C’était à Libreville, en 1989, lors du Conseil National de ce mouvement. Ce rapport riche en détails sur le travail accompli durant deux années, vous permettra de comprendre un peu mieux encore, et l’organisation du mouvement, et le climat dans lequel ont germé les propositions contenues dans la dernière partie : « Si c’était à refaire ».
 
 

cn_1989.jpg

La responsable nationale, Georgette Ngabolo (à droite),
pendant le Conseil National 1989
 
 


RAPPORT MORAL
 
(Extrait du Rapport Final du Conseil National
de la JEC Gabonaise, juillet 1989)
 
Chers jécistes
 
Nous voici au terme de notre mandat, et donc au terme de la tâche que vous nous avez assignée lors du dernier Conseil National. Il revient au responsable national du mouvement de présenter le bilan des activités effectuées par l'équipe nationale durant les deux ans d'exercice. C'est dans cette perspective que je présente aujourd'hui le Rapport Moral du Bureau National qui s'articule autour des axes suivants : formation, spiritualité, extension, documentation, finances, option pour les pauvres, relations, vie de l'équipe, propositions. Ceci, conformément aux orientations votées au précédent Conseil National et aux plans d'actions proposés par le Bureau National (B.N.).
 
 
I. FORMATION
 
1. Journées de formation
Pendant deux ans, le B. N. s'est efforcé de proposer aux jécistes du Gabon des thèmes de formation basés sur la connaissance du mouvement et sur la connaissance de la Bible, afin de réaliser des journées de formation à raison d'une par trimestre. De ce fait, nous avons vu des journées de formation se réaliser dans tout le pays et certains membres du B. N. ont pu participer à quelques unes d'entre elles : à Libreville et à Franceville. Nous avons également reçu les rapports des coordinateurs (cf. Trait d'Union). Nous pouvons déjà exprimer notre satisfaction à l'égard du travail effectué par les coordinateurs et les comités de base dans ce domaine.
 
2. Les "Trois Etapes"
Le B. N. par ses coordinateurs et ses chargés de formation n'a pas hésité à stimuler les jécistes à effectuer le travail sur les "Trois Etapes". Au terme de ce travail, des cérémonies de remise de carte et des cérémonies d'engagement ont eu lieu à Libreville, Franceville, Koulamoutou, etc. Signalons de plus qu’une cérémonie d'engagement vient d'avoir lieu à l'ouverture du présent Conseil National. Le rapport du chargé de la formation sera plus explicite sur ce domaine.
3. Session de formation
Faute de moyens financiers, la session de formation prévue en juillet 1988 n'a pas eu lieu. Cependant l'équipe nationale a jugé utile de se retrouver en une mini-session de formation en juillet 1989. Cette semaine de réflexion, de prière et de détente nous a permis d'aborder des sujets parfois oubliés lors des réunions hebdomadaires, et de partager au niveau de la prière et de notre vie personnelle. L'équipe nationale a été ravie de partager pendant ces quelques jours.
 
 
II. SPIRITUALITE
 
En partant du fait que la spiritualité du mouvement est la rencontre du Dieu Trinité, Père, Fils et Saint Esprit, dans nos récollections, nos actions transformatrices, nos célébrations d'actions, nos prières individuelles, l'équipe nationale a insisté pendant deux ans sur les points suivants :
 
1. Les récollections
Comme pour les journées de formation, nous avons proposé aux comités de base des thèmes de récollection. En 1987 - 1988, c'était les grands moments de la vie liturgique : Noël, Pâques, Pentecôte. En 1988 - 1989, les thèmes furent : croire, un invisible qui habite le visible; la foi qui fait bouger les montagnes; des signes visibles pour montrer l'invisible.
Ces récollections trimestrielles ont été réalisées par la plupart des comités de base et le B.N., par l'intermédiaire de son aumônier, a animé certaines d'entre elles à l'intérieur du pays, précisément à Port-Gentil et à Franceville.
De plus, à Libreville, en 1987 - 1988, le B.N. a organisé toutes les journées de récollection. En 1988 - 89, il a assisté à celles organisées par la coordination.
Nous ne manquerons pas de signaler que nous avons reçu plusieurs comptes - rendus et nous pouvons citer ceux de : Ndendé, Tchibanga, Franceville, Mimongo, Port-Gentil, Makokou, Oyem, etc...
 
2. Les célébrations d'actions
Beaucoup de comités ont répondu favorablement à l'appel du B. N. C'est ainsi que certains comités ont pu organiser des célébrations d'actions. A titre d'exemple, en 1987 - 1988, les comités Sainte Marie, Quaben et St. Pierre ont organisé une célébration d'actions, commune, de même que les comités d'Akébé. Le B. N. a également fixé une date nationale de célébration d'actions (le 17 avril). Ceci dans le but de stimuler, d'encourager les jécistes à célébrer davantage leurs actions.
Cette année, le B. N. s'est abstenu de fixer une date nationale afin de laisser les comités libres de célébrer leurs actions en fonction de leur programme d'activités. Nous avons été satisfait de voir les comités célébrer leurs actions sans la seule stimulation du B. N.
En février 1989, le B. N. a pris part à quelques jours de récollection chez les soeurs clarisses, en compagnie de la coordination de Libreville et de la responsable de la JEC Universitaire.
 
 
III. EXTENSION
 
En deux ans, le B. N. a pu adresser des lettres aux chefs d'établissements et aux curés de paroisses afin d'étendre le mouvement. La présence d'un coordinateur dans chaque province n'a fait que faciliter et concrétiser l'action du B. N. dans ce domaine. Ainsi, en 1987 - 1988, nous avons vu naître de nouveaux comités dans les provinces suivantes :
Estuaire (Libreville) : Lin Hugues, Okala, Sainte Marie, Saint Pierre, Nzeng Ayong, S. N. I., Unité, Saint David, Sotéga. Des tentatives ont été faites à Saint André, à Notre Dame des Victoires et à Likouala, mais ces derniers comités ont disparu, faute d'encadreurs et de dynamisme des jeunes. Nous avions donc au total, 22 comités JEC à Libreville.
 
Ogooué Maritime (Port-Gentil) : après une période d'assoupissement, le mouvement a pu démarrer grâce au nouveau coordinateur de l'époque. Trois nouveaux comités sont nés : Saint Lambert, Don Bosco, Raponda.
 
Haut Ogooué  : des contacts ont été pris avec certains étudiants de l'U.S.T.M. en vue de lancer la JEC à l'université. De plus, le coordinateur de cette province a essayé de redynamiser les comités de Moanda, Bakoumba et Mounana.
 
Ogooué Lolo  (Koulamoutou) : la présence du Père Armand Fessi a donné naissance à quatre comités : Lumière, Nana, La Croix, Eclipse.
 
Ngounié  : deux nouveaux comités sont nés : Mimongo et celui du Lycée d'Etat de Ndendé, mais ce dernier a disparu par la suite.
 
Woleu-Ntem : nous avons noté, à cette époque, grâce à la coordinatrice et à l'aumônier des jeunes, la création d'un nouveau comité au Lycée d'Etat. Des contacts avaient été pris en vue de lancer la JEC à Minvoul et à Mitzic.
 
Nyanga : la coordinatrice a pris des contacts en vue de lancer la JEC à Moabi.
 
Ogooué Ivindo  : création d'un comité à Makokou.
 
Moyen Ogooué  : nous avons pris des contacts avec des jeunes du Lycée d'Etat et du Juvénat afin de lancer le mouvement à Lambéréné.
 
Bref, le mouvement a donc existé, en 1987 - 1988, dans huit provinces du Gabon et le Bureau National s'est efforcé d'encourager ces nombreux comités JEC.
 
En 1988 - 1989, les coordinateurs ont été maintenu et l'extension a continué. Malgré la disparition de certains comités, nous en avons vu naître d'autres : à Libreville (Sainte Thérèse), à Akiéni, à Okondja, à Mouila (Saint Martin et Val Marie). Quelques jécistes de l'U.S.T.M. ont rejoint les jécistes de Mingara.
 
Aujourd'hui, le mouvement compte une quarantaine de comités (41), répartis dans tout le pays. Nous espérons que le nombre sera encore plus important l'année prochaine.
 
 
IV. Documentation
 
Depuis septembre 1987, le Bureau National a fait paraître plusieurs documents qui servent à la formation des jécistes. La confection de ces documents a pu se réaliser grâce à la disponibilité des membres du B. N. et à l'aide du matériel fourni par l'ambassade du Canada.
Nous avons également reçu plusieurs documents de la part de la JEC-I, de la Coordination panafricaine et des autres JEC d'Afrique. Nos archives sont ainsi renflouées. Le rapport sur la documentation sera plus détaillé et présentera la situation actuelle du mouvement dans ce domaine.
 
 
V. Finances
 
Les cotisations des jécistes, l'auto-financement du 12 mars, les subventions de la FECAM (FEdération CAtholique des Mouvements) et les quelques dons que nous recevons, sont les sources des revenus du mouvement. Cet argent permet au B.N. d'organiser certaines journées, de payer une partie des déplacements des membres du B.N. à l'intérieur, de confectionner et d'acheminer le courrier et les documents, de payer nos cotisations à la JEC-I, à la Coordination Panafricaine, et à la FECAM, d'aider les coordinations, d'organiser le Conseil National, d'aider les jécistes qui se rendent aux invitations des mouvements frères (Cameroun, Côte d'Ivoire...).
En effet, le B.N. a participé financièrement à la vie de certaines coordinations : Libreville, Franceville, Mouila. Lors de la visite d'un membre du B.N. à l'intérieur, nous n'avons pas hésité à apporter notre contribution à l'organisation d'une manifestation. Je m'abstiens ici de faire une liste exhaustive des dépenses effectuées par le B.N., étant donné que c'est le but du rapport financier. Ceci n'est qu'un exemple des dépenses.
 
 
VI. Option pour les pauvres
 
Depuis 1978, les jécistes du monde entier ont fait « option pour les pauvres ». C'est dans cette optique que ceux du Gabon ont choisi le cadre scolaire pour observer avec minutie les causes des échecs scolaires, afin d'agir en faveur des élèves en difficultés.
La Campagne d'Année est le moyen que nous avons utilisé pour appréhender le problème de l'échec scolaire au Gabon. C'est ainsi que pendant deux ans nous l'avons intitulée successivement : « Pour une JEC plus engagée et solidaire des pauvres » et « La JEC dans la famille, dans le milieu scolaire, dans la société, quel engagement et quelle action à la suite du Christ? ».
A Libreville comme à l'intérieur on a entendu parler d'échec scolaire et des débats ont été organisés par le B.N. (juin 1988) et par certains comités (Okala). Nous avons également reçu la synthèse des réponses relatives à l'enquête effectuée par les comités de base auprès des familles, de l'administration scolaire, des professeurs et des élèves, etc. Cependant nous déplorons le retard avec lequel ces réponses nous sont parvenues. Ceci a retardé énormément le travail du B.N.
Le Noël Jéciste ou encore, les aides individuelles des comités aux personnes démunies, sont un autre moyen d'être en contact avec les pauvres. En effet, le Noël Jéciste qui était le plus souvent organisé à Libreville, est organisé depuis deux ans par tous les comités du Gabon. Cela grâce à l'effort entrepris par le B.N. qui a proposé un modèle de journée aux comités de l'intérieur. C'est ainsi que nous avons vu les jécistes de Libreville, en compagnie de Monseigneur Anguilé, organiser des jeux, des saynètes, des danses, donner des cadeaux aux malades de Melen en décembre 1987; les jécistes de Ndendé aller au Centre Médical de la dite localité, ou le B.N. qui vient de faire un don de vêtements aux malades de la psychiatrie de Melen (juin 1989), etc.
Certains comités JEC ne sont pas restés insensibles au problème des personnes plus démunies ou abandonnées. C'est le cas des comités Nesny, Nzeng Ayong, Tchibanga, Bitam, Saint Pierre, etc.
Toutes ces bonnes actions prouvent notre attention à l'égard des pauvres, mais il serait souhaitable et nécessaire que nous menions davantage d'actions transformatrices en faveur de ces derniers.
 
 
VII. Aumônerie
 
Le mouvement a fait d'énormes progrès en ce domaine. En effet, nous avons vu pendant deux ans la participation aux activités du mouvement de nombreux curés de paroisses, de religieuses, de séminaristes, de coopérants français et de laïcs que nous appelons "conseillers".
 
Dans le souci de former des aumôniers pour les mouvements, la FECAM a organisé à Libreville une session des aumôniers, en mars 1988. Les aumôniers de notre mouvement venus de Libreville, de Tchibanga et Oyem y ont participé efficacement et l'aumônier panafricain, le Père Coulée nous a honorés de sa présence.
Du 22 au 31 août 1988, une autre session des aumôniers JEC d'Afrique Centrale cette fois, a été organisée à Yaoundé par la Coordination Panafricaine. Notre pays était représenté par le P. Guy Boulbin et Sylvestre Eves de Libreville, par le Père Lambert et Emilienne de Tchibanga, et par la sœur Yolande de Bitam.
Récemment, en juin 1989, une session pour les aumôniers de toute l'Afrique a été organisée par la Coordination Panafricaine à Abidjan. Le P.Guy Boulbin a représenté l'aumônerie gabonaise, en remplacement de l'aumônier national souffrant.
De plus, nous recevons régulièrement la lettre aux aumôniers en provenance du secrétariat panafricain et l'aumônier national n'hésite pas à écrire aux aumôniers des comités de base quand l'occasion se présente.
 
 
VIII. Relations
 
1. Avec la hiérarchie.
Pendant notre exercice, nous avons eu l'occasion de rencontrer les évêques de notre pays, lors de leur passage à Libreville ou lors de nos visites à l'intérieur du pays.
En 1987 - 1988, nous avons invité Monseigneur Anguilé à participer au Noël Jéciste et nous l'avons également rencontré lors du passage du Père Coulée à Libreville. Pendant le séjour de Monseigneur Mvé à Libreville, nous avons eu l'occasion de discuter avec lui. La responsable nationale, lors de son passage à Franceville, en novembre 1987 a eu un entretien avec Monseigneur Makouaka qui a également clôturé la rencontre des jécistes de cette localité à cette date.
En dehors de ces rencontres ou entretiens, nous avons adressé régulièrement, aux quatre évêques, nos bulletins de liaison.
Signalons aussi que nous avons pris part à l'entretien organisé par la FECAM entre le nonce apostolique et les responsables nationaux des mouvements, entretien auquel participait Monseigneur Anguilé et au cours duquel la JEC a eu la possibilité de poser le problème de l'aumônerie universitaire.
Cette année, les relations avec les évêques ont continué : les comités de Ndendé et Mouila ont rencontré Monseigneur Obamba, lors d'une journée. Le B.N. a aussi eu l'occasion de rencontrer Mgr Anguilé afin de lui présenter la situation actuelle de la JEC Universitaire. Nous pouvons nous réjouir aujourd'hui d'avoir renforcé les relations avec nos évêques. Elles restent toujours à approfondir.
 
2. Avec la JEC Internationale.
Pendant l'exercice 1987 - 1989, le B. N. a essayé de développer les relations de travail et d'amitié avec la JEC Internationale. Nous leur avons fait parvenir régulièrement des correspondances et notre documentation. De plus, lors de son séjour en France l'aumônier national a rendu visite à la JEC Internationale. Nous avons également payé nos cotisations. Nous avons aussi reçu en retour, de la JEC Internationale la documentation (Bulletin de liaison, Rapport Final du Conseil mondial) et le courrier dont le contenu vous a souvent été livré dans le "Trait d'Union".
 
3. Avec la Coordination Panafricaine
Nous entretenons de bonnes relations : échange de courrier, de documentation, participation aux sessions des aumôniers. De plus, l'aumônier panafricain nous a rendus visite. Il a participé à une session des aumôniers et visité certains comités de Libreville (Okala, Rachel, Aînés, Mistoul). Il a également participé à l'autofinancement du 12 mars 1988, rencontré la JEC Universitaire, le B.N., présidé la récollection des jécistes de Libreville en mars 1988 et rencontré Monseigneur Anguilé. Les relations sont donc excellentes. De plus, nous payons régulièrement nos cotisations et notre aumônier national et l'aumônier panafricain ont passé quelques jours en France ensemble en février 1989.
 
4. Avec les comités de base.
En dehors du Trait d'Union et des correspondances, les visites sont un autre moyen que le B.N. utilise pour établir des contacts avec les comités de base.
En ce qui concerne les visites : à l'intérieur, nous avons visité en 1987 - 1988, les comités de Port-Gentil, Mouila, Ndendé, Tchibanga, Franceville, Oyem. A Libreville, cette même année les membres du B.N. ont encadré de nouveaux comités : St. Pierre, S. N. I, Ste Marie, Likouala, et nous avons pris le temps d'organiser la Journée d'accueil, les journées de formation et de récollection. Nous avons visité les autres comités, faute d'une équipe de coordination.
Cette année 1988 - 1989, nous n'avons effectué aucune visite bien que nous ayons pris des contacts pour visiter les comités de Koulamoutou. Ceci pour plusieurs raisons : manque de disponibilité des membres du B. N., de certains comités de l'intérieur, maladie de l'aumônier.
En ce qui concerne le courrier : nous nous sommes efforcés d'organiser la correspondance avec les comités de l'intérieur. C'est ainsi que pendant deux ans, chaque membre du Bureau était chargé de correspondre avec un ou deux comités de l'intérieur. Cependant, nous nous sommes heurtés au problème d'affranchissement, de distribution et parfois du manque de disponibilité de membres du Bureau, pris par leurs études. Nous reconnaissons ici nos insuffisances dans ce domaine et remercions déjà les comités qui ont su à cette époque nous faire des remarques à cet effet. Cependant, nous avons reçu régulièrement des correspondances des comités de l'intérieur et les rapports des coordinateurs. Nous espérons qu'à l'avenir, le courrier sera plus régulier et que toutes les provinces seront visitées par la prochaine équipe.
 
5. Avec les autres mouvements et la FECAM.
Au niveau de Libreville, nous avons participé aux activités de la FECAM et invité les GEN et les Chevaliers de Marie au Noël Jéciste et à la Journée d'accueil. A Port-Gentil, les jécistes ont organisé des rencontres avec les GEN et les jeunes protestants. A Mouila, les CV - AV et les GEN ont été invités à une Journée d'accueil et les jécistes travaillent cette année en collaboration avec les autres mouvements de cette localité. Les jécistes d'Oyem et de Bitam ont pris part à la marche des jeunes organisée par le clergé. A Bitam, les jécistes ont participé avec les Gen et les Jeunes du monde à une journée de réflexion.
Bref, partout les jécistes ont été en contact avec les jeunes des autres mouvements. A Libreville, le B.N. a rencontré des responsables internationaux et panafricains des mouvements CV-AV et JOC. Les relations entre le B.N. des CV-AV et celui de la JEC sont bonnes. L'organisation de ce Conseil National commun le prouve.
 
 

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Le responsable national des CV - AV
 
 

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La responsable nationale de la JEC
 

6. Avec les autres JEC.
Pendant deux ans, nous avons échangé des correspondances, des documents avec les autres mouvements JEC du Cameroun, du Mali, de la Côte d'Ivoire, du Burkina Faso, de la R.C.A., du Tchad et de la Guinée (Conakry).
De plus, la JEC Gabonaise a pris part aux manifestations organisées par les jécistes de Côte d'Ivoire en juillet - août 1988 : session d'étude JEC-U et camp chantier.
 
 
IX. Vie de l'équipe
 
Au sortir du Conseil National 1987, le B.N. comprenait 9 membres :
Président : Georgette Ngabolo
Secrétaire : Mengue Abessolo Louise
Commissaire aux comptes : Mokabi Anderson
Trésorier : Mintsa Owono Pamphile
Formation : Ombango Richard
Trait-d'Union : Olga Sougou
Archives : Gaston Obame
Aumônier : Père Gérard
Conseiller : Benjamin Mouguengui
Nous avons par la suite enregistré des départs qui ne nous ont pas empêchés de continuer notre tâche et de travailler en équipe. Nous avons alors jugé utile de coopter de nouveaux jécistes au B.N. Il s'agissait de Yvette Ndjali et Félicien Mintsa à la documentation et de Patience Oké à la formation. Nous avons donc formé, l'année 1987 - 1988, une équipe de 9 membres avec comme nouveau secrétaire Mokabi Anderson. Cette année, nous avons enregistré deux départs : Félicien et Gaston qui nous ont quittés car ils ont trouvé du travail. Au cours de nos réunions hebdomadaires, nous avons eu l'occasion d'accueillir des aumôniers, des jécistes et des coordinateurs de l'intérieur, lors de leur passage à Libreville. Ceci nous a permis de faire connaissance et d'avoir des nouvelles des comités.
Nous avons travaillé la plupart du temps en équipe, en collaboration avec la coordination et les aumôniers de certains comités de Libreville. Malgré certains aléas, nous nous sommes efforcés d'assurer au mieux nos responsabilités en dépit de nos études.
 
 
X. Divers
 
Nous avons pendant ces deux ans, établi des relations avec l'ambassade du Canada. Cette dernière nous a aidé en nous fournissant du papier, de l'encre à photocopier, une machine à écrire et du matériel de bureau. Je profite de cette occasion pour leur adresser au nom de l'équipe nationale, nos sincères remerciements.
Nous avons essayé de lancer une Amicale des anciens jécistes. Pour cela, nous avons adressé des lettres à ces derniers, et nous avons convoqué une réunion lors de la visite du P.Coulée. Mais nous avons été déçus par le comportement réticent de certains anciens.
Le problème de la boite postale n'a pas été oublié. A cet effet, nous avons, en novembre 1987, adressé une demande à la poste, mais malgré nos démarches, celle-ci est restée sans suite.
 
Nous avons posé à la FECAM et à Mgr Anguilé, le problème du local JEC. Ce dernier a par la suite attribué un terrain à la FECAM.
 
 
XI. Propositions
 
Après avoir passé deux ans à la tête du mouvement, je voudrais ici faire quelques propositions à la prochaine équipe :
 
- Lutter pour qu'il y ait toujours un véritable travail d'équipe et un esprit d'amitié et de confiance.
- Développer de plus en plus les relations avec la hiérarchie en faisant davantage participer nos évêques aux activités du mouvement.
- Entretenir des contacts avec les séminaristes, ceci dans le but d'aider les comités JEC et de former de futurs aumôniers.
- Maintenir les relations, les échanges de documents et d'expériences avec la JEC-Internationale, la JEC Panafricaine, les autres JEC et les autres mouvements.
- Maintenir les coordinations au sein des provinces afin de permettre au B. N. d'effectuer un véritable travail de coordination nationale.
- Faire un effort pour visiter les comités de l'intérieur en insistant sur la contribution financière des membres du B. N.
- Développer davantage la célébration d'actions et le partage d'évangile au sein des comités, et maintenir l'idée de célébration nationale.
- Insister sur la signification des cérémonies d'engagement et d'affiliation pour les jécistes.
- En faveur des pauvres et des malades, dépasser les actions caritatives pour arriver à davantage d'actions transformatrices en impliquant les parents par exemple.
- Développer chez les jécistes l'esprit de solidarité envers les jécistes d'autres mouvements opprimés : les jécistes d'Afrique du sud en particulier.
- Créer chez les jécistes l'esprit critique et non l'esprit de critique.
 
 
En conclusion
 
Voilà le travail effectué en deux ans par le B.N. Les rapports de la documentation, des finances, de la formation et des coordinations présenteront avec minutie les points évoqués dans le présent rapport. Je voudrais, au nom de l'équipe, vous dire notre satisfaction par rapport au travail accompli par les comités pendant notre mandat. Nous espérons que le nôtre vous a satisfait également.
Par la même occasion, je voudrais remercier tous ceux qui de près ou de loin ont participé à la réalisation de ce 17ème Conseil National : les jécistes et leurs aumôniers, les sœurs de l'Immaculée et les sœurs de Sainte Marie, le doyenné de Libreville, les CV-AV, l'ambassade du Canada, les exposants et toutes les sociétés qui nous ont apporté une aide matérielle.
 
Personnellement, je remercie le mouvement après ces dix années de militantisme. Grâce à lui j'ai pu m'épanouir et devenir une jeune fille accomplie, capable de s'affirmer. Le plus important reste pour moi aujourd'hui : la pédagogie et la spiritualité du mouvement qui m'ont énormément aidée à résoudre les difficultés que j'ai rencontrées dans ma vie quotidienne.
 
Puisse le Christ nous aider à porter notre croix pour que nous ne cessions d'être ses témoins chaque jour de notre vie.
 
Georgette Ngabolo,
Responsable nationale


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