Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 août 2006 6 05 /08 /août /2006 12:53
Landry Patrick Rogandji-Menest, France

Père Gérard,
Remarquable et édifiant est la lecture de votre œuvre. C’est un véritable plaidoyer pour une nouvelle forme d’Eglise que malheureusement nous n’avons pas encore le bonheur de rencontrer.
Je suis deux fois plus heureux parce que l’idéal que je me fais de l’Eglise rejoint parfaitement votre thèse.
Je constate que vos années à Villejuif ont été déterminantes pour la suite de votre parcours. L’expérience acquise à l’ACE vous a insufflé l’esprit qui devait orienter toute votre action future. Votre méthode de travail vous avait été ainsi révélée.
Effectivement, nous devons plaider pour une Eglise communautaire au sens que vous donnez au mot communauté : un espace de partage et d’entraide, un lieu où l’homme vient se ressourcer, se régénérer, se restaurer ; et les mots ne sont pas assez forts compte tenu de l’idéal que je me fais de cet endroit.
Evidemment, quoi qu’on en pense, malgré le développement des outils de communication l’homme se retrouve de plus en plus livré à lui-même. Notre société fabrique sans cesse des marginaux, des rejetés, et des blessés. La vie aujourd’hui se résume à une gigantesque compétition, une arène dans laquelle les différentes confrontations suivent des règles parfois inhumaines. Dans ce jeu tous les coups sont permis et évidemment il n’y a que les plus forts qui s’en sortent. Cependant beaucoup sont désemparés et désespérés.
Chaque individu a confiance quand il est parmi les siens. Dans sa famille, il trouve conseil, sécurité, assurance, repos, quiétude, encouragement, moyen, force, etc.
De ce fait nos Eglises devraient pourvoir posséder les mêmes caractères que le cercle familial. Avec un Père notre Dieu, un grand frère Jésus et d’autres frères et sœurs qui sont les membres qui la composent. Je dis trois fois oui à l’Eglise basée sur la communauté des individus. Lieu de convivialité, d’écoute, de partage des joies et des peines mais aussi lieu de compassion et d’altruisme. Lieu où tout membre de cette communauté saura qu’il pourra trouver les pansements nécessaires auprès du Père et de ses frères et sœurs.
Christ en disant « Venez à moi vous qui souffrez dans votre chair et vous trouverez du repos », fait allusion à cette grande famille qu’est l’Eglise.
L’Eglise devient alors un lieu de renouvellement spirituel et matériel, parce que les frères et les sœurs qui sont en contact des affligés, des abattus sont actifs c'est-à-dire attentifs, observateurs relevant tous les problèmes et les souffrances mais aussi les victoires et les joies pour chaque membre de la famille et même en dehors. Les personnes extérieures à la famille doivent être accueillies à bras ouverts. Les portes de la maison doivent toujours être grandes ouvertes. Nous devons gagner des âmes pour le Père ; vous irez en mon nom gagner des âmes pour mon Père. (c’est cela le VOIR ).
Les membres de la famille soumettent au Père tous les problèmes, tous les sujets auxquels ils sont confrontés et ils sont à l’écoute des réponses du Père (discernement, sagesse). Seul le Père possède la vérité en toute chose donc à lui toutes les décisions (c’est cela le JUGER) .
Enfin, les membres mettent en exécution les ordres du Père. Avec zèle ils règlent les problèmes, construisent édifient, restaurent,  réparent…. Sous l’œil attentif de leur Père (c’est cela l’AGIR).
La communauté des chrétiens est donc un lieu de socialisation qui renferme une abondance de dons et de compétences ; c’est un lieu de communion, de partage, d’entraide ; un espace d’ascèse matérielle et spirituelle où les enfants de Dieu devraient évoluer en toute intelligence.
Dans ce milieu, l’homme de Dieu, on pourrait aussi l’appeler prêtre ou pasteur… assure la fluidité des différents flux. Il a aussi un rôle de pérennisation de ces liens et de ces relations.
Ce n’est pas une organisation hiérarchique de type pyramidale avec des interférences verticales mais plutôt une évolution circulaire avec un pilier central qui bat la mesure. Notons que dans ce cas de figure l’homme de Dieu agit au même niveau que les autres membres. La participation de tous est proportionnelle au niveau de connaissance et de compétence. Telle une danse, l’homme au centre change en fonction de son degré d’acuité sur les notes et l’air mais aussi en fonction du rythme et du type de musique. Tout le monde est acteur et l’union fait la force.
Ce type d’organisation engendre la reconnaissance, l’implication, la participation, le désir de s’engager, de s’investir. Le sujet soulevé est la préoccupation de tout le monde.
L’Eglise n’est plus la chose du seul homme de Dieu mais tous les membres de l’Eglise se sentent portés par le projet. Ainsi les talents sont répartis, les dons sont libérés, les missions sont distribuées et l’œuvre avance pour la gloire de Dieu.
C’est dans cette osmose que nous contribuerons à la construction du Royaume.
Effectivement nous avons la charge de monter les murs de la Jérusalem céleste.
Nous avons la charge de préparer le retour du Christ. Alors nous devons nous parer de nos plus beaux vêtements.
Mais, quoi de plus beau que les vêtements qui nous ont été donnés par le Seigneur lui-même !
Non seulement nous devons être prêts pour le banquet mais aussi nous devons inviter tout le monde sans restriction d’aucune sorte.
La réussite du banquet reposera sur la qualité et la quantité des invités.
Alors nous devons œuvrer travailler sans relâche.
Parce que nous appartenons à Christ et qu’il a mis en nous son Esprit, nous devons de ce fait porter en nous les fruits.
Nous sommes effectivement le sel de la terre et la lumière de ce monde. Comme le sel donne du goût aux aliments il faudrait que toute personne à notre contact trouve le goût à la vie. Montrons lui les secrets qui viennent de notre Seigneur.
Nous serons vraiment la lumière de ce monde si nous endossons véritablement le vêtement de Christ qui lui est le chemin la vérité et la vie.
Nous devons refléter l’image de Christ, nous en rapprocher tout au moins. Nous sommes des témoignages vivants de la vie en Jésus et en cela nous devons posséder ses caractères.
Ce sont là les conditions pour que le levain puisse faire lever la pâte.
Ces deux entités constituent les deux faces d’une même vérité.
C’est nous qui avons la charge d’élever le Royaume car nous sommes le levain. Soyons alors des exemples, exhortons, stimulons, encourageons ; aidons et soutenons nos proches. Ramenons le maximum d’enfants à notre Père pour que la famille puisse s’agrandir.
Nous devons concevoir nos Eglises d’aujourd’hui de façon à ce qu’elles puissent remplir parfaitement leur mission qui est de libérer et de sauver les âmes pour le Seigneur notre Dieu. Aujourd’hui il est plus qu’urgent de trouver des outres nouvelles pour le vin nouveau.
Je vous dis merci, mon père, pour cet apport essentiel.
Post-scriptum
En effet, la JEC m’a appris à renforcer en moi la nécessité d’appartenir à une famille, l’importance des liens affectifs solides et le sentiment d’indéfectibilité qui en découle.
J’ai encore en souvenir une mélancolie qui m’habitait, un soir, au retour du Cap Mission, après une semaine de travail et de loisir avec tout le comité JEC d’Akébé.
Je citerais ici d’abord les regrettés Etienne ANVANE et Gaspard EBELE. Ensuite Georgette NGABOLO, Françoise MBACHI, Pélagie ASSEKO, Berthe, Nadine, Mireille EBELE, Blaise ANVANE, Benjamin MOUNGUEGUI, et Benjamin NGOME ASSELE, Armand ONDO, mon frère Guy Laurent, Donatienne BONGO PASSI, et vous-même bien sur, etc…
Des moments de joie et de gaieté passés ensemble.
Un seul mot ce leitmotiv souvenir, souvenir, souvenir.
Landry Patrick Rogandji-Menest 

Retour à l'accueil

Retour au blog du RAJA

Partager cet article

Repost 0
Published by Gérard Warenghem - dans Commentaires
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Joie de vivre en communauté, en Afrique ou en Europe
  • Joie de vivre en communauté, en Afrique ou en Europe
  • : Plaidoyer pour une autre Église et un autre prêtre
  • Contact