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4 septembre 2006 1 04 /09 /septembre /2006 17:38
PREFACE 

par Jacques Gaillot, évêque de Partenia
 
 
            Il est passionnant de découvrir la germination d’une Eglise qui naît d’en bas, où l’on pressent que beaucoup de choses deviennent possibles. Une Eglise de petites communautés aux multiples liens, qui écoute avant de parler, qui accueille avant de juger, qui pose des exigences plus que des frontières. Une Eglise des humbles commencements qui nous dévoile la présence du Ressuscité marchant à nos côtés et nous rend le cœur brûlant.
 
            Avec les yeux ouverts et le cœur libéré, Gérard qui est heureux d’être spiritain, nous donne envie de faire partie de ces communautés au souffle de l’Esprit, où des hommes et des femmes qui croient au Christ, se retrouvent sur pied d’égalité, sans préséance ni hiérarchie, quelles que soient leurs responsabilités.
 
            Il a passé trente ans de sa vie avec des jeunes, dont vingt ans avec la Communauté des Rois Mages de Libreville. Avec la JEC, il a trouvé une nouvelle famille qui lui apportera tant !
 
            Son cœur est peuplé de visages de jeunes accueillis, écoutés, aimés… Son inlassable activité missionnaire qui le conduira à participer à des rencontres internationales ne se fera pas sans connaître des épreuves et des ennuis de santé. Mais sa passion de l’Evangile pour ceux que le monde délaisse, demeurera en lui comme un feu dévorant. Gérard parle en homme d’expérience et de terrain qui sait dévoiler avec simplicité les traits de l’Eglise de demain à partir des communautés, ainsi que la place et le rôle des prêtres au service de ces communautés.
            Notre époque est passionnante parce qu’elle nous oblige à innover, à prendre des initiatives, à faire du neuf. Concernant les prêtres, on ne peut plus se contenter de prolonger un système qui s’essouffle ou de reproduire des modèles périmés. Il ne suffit plus d’attendre que viennent des jours meilleurs. Ce n’est pas en remettant du liquide dans un tonneau percé qu’on le répare. Nous sommes invités à mettre le vin nouveau dans des outres neuves.
 
            A partir des communautés et de leur service pourquoi ne pas appeler des hommes et des femmes, célibataires ou mariés, ayant des engagements professionnels ou familiaux qui ne seraient plus nécessairement à vie dans l’Institution ?
 
            On ne devrait plus parler de clercs et de laïcs, mais plutôt de chrétiens parmi lesquels quelques-uns deviendraient prêtres. C’est à partir des besoins des communautés (et des communautés très diversifiées) que des chrétiens se proposeraient ou seraient appelés à devenir prêtres.
 
            Le temps est venu de sortir des constats pour vivre des réponses. Les communautés présentées dans ce livre ne nous disent pas qu’aller au grand large c’est trouver le grand calme. La vie au souffle de l’Esprit n’est pas sans vent ni tempête. Mais il y a toujours chez elles,
Boite 64 004

le goût et la volonté de retrouver la source, le jaillissement de la vie : « Je suis venu pour que les gens aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance », dit Jésus (Jean 10,10)
                                                                      Jacques Gaillot
                                                                      Evêque de Partenia
 
 

ag_partenia_2006_093.jpg

 
Jacques Gaillot, lors de l’Assemblée Générale
de Partenia 2000, avril 2006
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

INTRODUCTION
 
 
 
En 1999, Geneviève, de la communauté Saint François Xavier, aurait aimé écrire un livre sur les communautés ! Eh bien, en 2003, je l'ai écrit. Le voici.
Geneviève dit beaucoup, en peu de mots : "Quand on rencontre un autre membre d'une autre communauté, on est renforcé !"
 



Trois parties
constituent ce modeste ouvrage qui se veut un plaidoyer pour une certaine façon de s’organiser en Eglise.

En réalité, la première partie : « Façonnés par la JEC » devait être la seule. Quand je me suis mis à écrire, j’étais parti pour consigner simplement un témoignage assez court qui devait répondre à cette question précise : « Qu’est-ce que la JEC m’a apporté ? »
 
Des jeunes Africains qui viennent de quitter la Jeunesse Etudiante Chrétienne, parce qu’ils sont entrés dans la vie active, se sont mis en réseau dans le but de ne pas perdre l’idéal qui les a animés durant leurs études. C’est dans le cadre de ce réseau que la question a été lancée, étant entendu qu’un jour ou l’autre, lorsque les témoignages rassemblés seront assez nombreux, un recueil sera confectionné et mis à la disposition de ce mouvement d’Action Catholique bien connu en Afrique. Ce sera, pensons-nous, une façon de rester au service de la JEC, qui nous a formés.
 
Je viens de passer une trentaine d’années avec des jécistes, au Gabon et en France. Il m’était difficile de faire court ! Difficile aussi de trancher ! Comment séparer la JEC du reste : de la formation reçue, des personnes rencontrées, des événements vécus ? En réfléchissant sur la question :« Qu’est-ce que la JEC m’a apporté ? », je me suis trouvé obligé de survoler mon parcours personnel. La JEC, et quelques autres éléments m’ont façonné, nous ont façonnés, et ont contribué à privilégier une façon de s’organiser en Eglise. La deuxième partie en est une illustration.
En 1995, j’avais écrit quelques pages sur ce que j’avais pu vivre dans les communautés chrétiennes que nous avions créées sur notre paroisse, à Libreville. J’avais intitulé ces souvenirs et certaines réflexions qu’ils m’avaient inspirés : « Jéricho », à cause du rempart qui s’écroula là-bas…
Vous ne voyez pas le rapport ? Vous allez comprendre ! En vingt ans, nous avons créé sur une paroisse de trente mille habitants environ, quatorze petites communautés. Ce n’est pas un exploit, mais quatorze, c’est trop pour un seul prêtre, dans la mesure où celui-ci est considéré comme quelqu’un qui a pour fonction d’être au service de la communion dans la communauté. Regrettant d’être devenu un touriste dans les communautés, je préconisais la solution suivante : que chaque communauté se trouve un chargé de la communion et que l’évêque l’ordonne pour ce travail. Bien sûr, aujourd’hui, cette façon de faire n’a plus cours, et nous savons combien il est difficile de changer des habitudes. Il est des murs difficiles à abattre. Mais à Berlin… à Jéricho…
Bref, continuant à souffler du cor, comme à Jéricho, j’ai repris quelques-unes de ces réflexions.
  JERICHO

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« Prêtre au service de la communauté », c’est ainsi que j’ai tenté d’être prêtre jusqu’ici, c’est aussi le titre de la deuxième partie.
 
Alors que j’écrivais les dernières lignes, je lisais, comme par hasard, dans l’une des nombreuses revues qui garnissent ma table de chevet, un dossier sur les prêtres. Dans ce dossier, Laure Caumont, qui fut professeur à l’Institut Catholique de Paris, propose une étude : « Jalons historiques ». Autrement dit : le prêtre à travers les âges ! Son article m’a donné envie d’aller fouiller un peu dans l’histoire et de faire quelques comparaisons entre ce que nous pouvons vivre aujourd’hui et ce qui a pu se vivre à d’autres époques. Les études et les ouvrages sur les ministères dans l’Eglise d’hier et d’aujourd’hui ne manquent pas. Dans la bibliographie qui accompagne son article, Laure Caumont cite une quinzaine de livres. Imprégné de la méthode Voir, Juger, Agir, je me suis surpris non seulement à comparer des situations actuelles et passées, mais aussi à envisager l’avenir et l’Agir.
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« Si c’était à refaire » : voilà le titre de  la troisième partie  de mon propos.
 
Tout au long des pages qui suivent, vous aurez l’occasion de lire aussi ce qu’écrivaient eux-mêmes, des membres de la JEC, des équipes d’enfants ou des communautés : nous avons vécu ensemble les mêmes réalités, pourquoi ne pas leur laisser ici une place en conséquence ?
Vous pourrez lire ce qu’écrivait, au terme de son mandat, une responsable nationale de la JEC Gabonaise. C’était en 1989.
Et même si c’est un peu long, j’ai tenu à vous rapporter, le plus souvent tels quels, de larges extraits de ce qu’écrivaient les communautés en 1983, quand elles se sont mises à écrire leur histoire, après dix ans d’existence, pour les plus anciennes.
 
 

 
 
Nous sommes des milliers de prêtres à travers le monde, et il existe donc des milliers de façons d’être prêtre ! En voici une ! En bon jéciste, je suis parti généralement des situations vécues pour poser des questions : quelle communauté ? Avec quel prêtre ? Vers quelle société ? Sans occulter certaines déceptions, je pense avoir plutôt relevé des situations heureuses, proches de l’évangile. Des situations, des façons de faire qui permettent d’espérer qu’au jour le jour, la famille des chrétiens sera de moins en moins considérée pour elle-même et qu’elle sera de plus en plus porteuse d’une Bonne Nouvelle pour tous. Le sel n’est pas fait pour la salière, il est fait pour les aliments.
 
« En l’Afrique ou en Europe » … Voilà qui paraîtra ambitieux ! L’Afrique est immense : cinquante quatre pays, un peu plus de trente millions de kilomètres carrés, trois fois l’Europe. Il serait sans doute préférable de dire « au Gabon ou en France ». Mais en même temps, grâce à la JEC et au Réseau des Anciens Jécistes d’Afrique, mon horizon s’élargit chaque jour : les nombreuses rencontres internationales, les séjours chez les amis au Togo, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, ainsi que les Rwandais, Togolais, Camerounais, Nigérians, Ghanéens, Ougandais, Tchadiens retrouvés en France, en Suisse, en Belgique, aux Pays-Bas, toutes ces relations me permettent de parler « Afrique » et « Europe », sans oublier pour autant qu’il s’agit de deux continents bien distincts. Il suffit de le préciser et de toujours garder en tête l’idée que la diversité des situations est quasiment infinie ! En même temps, comme nous chantons partout : « Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême », une communauté chrétienne à Hesdin l’Abbé (diocèse d’Arras) en France et une communauté chrétienne à Akébé (diocèse de Libreville) au Gabon, se ressemblent comme deux sœurs !
(Juillet 2003)
Boite-66--006.jpg
 
  En Afrique...

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                                               ...  ou en Europe !

 

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Suite au   chapitre 1
ou

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Published by Gérard Warenghem - dans joie-en-communaute
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