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2 septembre 2006 6 02 /09 /septembre /2006 20:10
Chapitre 2
 
A pied d’œuvre !
 
Octobre 1971 : après mes études secondaires, après dix ans de philosophie, de théologie et de stages divers, jeune prêtre, ordonné en 1969, j’arrive enfin, aux Rois Mages, une paroisse qui recouvre un vaste quartier de Libreville : Akébé. Environ 40 000 habitants. On parle volontiers des Etats-Unis d’Akébé !

Et encore plus de photos sur :
C’est alors une paroisse toute nouvelle, encore peu organisée. Le responsable, le Père Fernand Legagneur vient de passer beaucoup de temps et de consacrer beaucoup d’énergie au sauvetage des enfants victimes de la guerre au Biafra. Beaucoup sont évacués sur un hôpital construit pour eux dans la banlieue de Libreville. Quantité d’enfants y sont arrivés entre la vie et la mort.
Aux Rois Mages, tout ou presque était à créer. Mais comme par hasard, il existait un comité JEC, et Fernand me demanda d’en être l’aumônier. Pas de problème ! Ce fut pour moi, le début d’une histoire qui n’est pas encore terminée, aujourd’hui, en l’an 2002 !
Je fais donc connaissance avec ce comité. Chaque semaine, une quinzaine de jeunes gens et de jeunes filles, de 18-20 ans, se retrouvent sur la terrasse de notre maison d’habitation. Cette terrasse sert aussi de lieu de réunion. Les trois premiers mois, je les regarde, je les écoute, cherchant à comprendre ce qui les anime. J’avoue que je ne comprends pas très bien... Ils récitent une prière au début, une prière à la fin, mais entre les deux, je ne vois pas ce qu’ils font : certains passent leur temps à lire des bandes dessinées, d’autres bavardent de tout et de rien...
Petit à petit, remarquant que le responsable est un garçon de bonne volonté, je lui propose : « Et si nous préparions ensemble ces réunions ? ». Et nous voilà embarqués dans la révision de vie : « Voir, Juger, Agir » devient le leitmotiv. Je ne résiste pas au plaisir de vous partager ici le premier résultat de cette nouvelle façon de faire.
Les jeunes de ce comité étudiaient presque tous au Lycée d’Etat voisin. Je résume donc une des toutes premières révisions de vie.

Voir
: durant la récréation, des lycéens se sont rués sur la cuvette de gâteaux qu’une femme vendait à l’entrée du lycée. Cela arrive souvent. Les femmes qui vendent les beignets ne peuvent rien faire face à une dizaine de jeunes...


Juger
: l’incorrection de ces jeunes pénalise ces femmes qui n’ont que cette seule ressource pour vivre... Facile de voir ce que le Christ en pense...

Agir
: on va voir le proviseur et lui demander de construire une barrière à l’entrée du lycée. Cette barrière, fermée durant la récréation, protégera les commerçantes. Le proviseur est d’accord. La barrière est construite.

Voilà comment une révision de vie débouche sur une action transformatrice. Tout le monde y gagne : les femmes qui vendent leurs beignets en toute tranquillité et les lycéens qui peuvent se rassasier. 
 
100_8674-copie-1.JPG Ce n'est pas à Libreville, mais ça pourrait l'être !
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Aimé Jacques et Céline faisaient partie de ce comité ...

Aimé Jacques  et Céline  30 ans de mariage.
Video   Envoyé par gerardw sur wat.tv



Une réflexion sur le VOIR  - JUGER  - AGIR  (en  septembre 2007)





Je vous disais qu’Akébé est un vaste quartier. Il faut dire aussi que la jeunesse gabonaise est très nombreuse. Le seul lycée technique de Libreville comptait 6000 élèves dans les années 80. En 1991, quand j’ai quitté Akébé, j’y ai laissé onze comités JEC. Entre 1971 et 1991, nous sommes donc passés de un à onze comités, ce qui n’est pas beaucoup en vingt ans, compte tenu de la foule des lycéens et collégiens, sans oublier les universitaires. Mais onze comités, avec douze jécistes par comité, en moyenne, c’est beaucoup pour un seul aumônier... Au cours des premières années, je pouvais être membre à part entière d’un comité. Je participais à la révision de vie et à toute la réunion. Mais par la suite, la semaine n’ayant que sept jours, plusieurs comités ont dû se passer de la présence active d’un aumônier. J’essayais de passer, de faire un tour !
Plus ou moins présent dans les comités de base de ma paroisse, je me suis retrouvé, de plus, aumônier national de la JEC gabonaise de 1975 à 1991. Durant toutes ces années, le mercredi soir, j’ai participé à la réunion du Bureau National qui anime toute la JEC du Gabon : il existe des comités à travers tout le pays, dans le secondaire et à l’université. Chaque année, le Bureau National prévoit une Campagne d’Année : thème de réflexion et d’action proposé à tout le mouvement. Un Conseil National se tient tous les deux ans : les délégués des différents comités font le point, se donnent des orientations, élisent un responsable national. Pour mieux saisir les préoccupations qui étaient alors les nôtres, vous trouverez, à la fin de cette première partie, un extrait du Rapport Final du Conseil National que la JEC Gabonaise avait tenu en juillet 1989 : le Rapport Moral de la présidente sortante, Georgette Ngabolo.
La JEC existe dans une quarantaine de pays en Afrique, et dans une centaine de pays à travers le monde. Avec les responsables nationaux de la JEC Gabonaise, j’ai eu la chance de participer à des rencontres panafricaines (Yaoundé 1978 ; Nairobi 1984 ; Namur 1986) et à des rencontres mondiales (Valladolid 1978 ; Montréal 1982 ; Bruxelles 1986).
 

 

 

les-africaines-a-Bruxelles.jpg

 
1986, les responsables féminines des JEC africaines à Bruxelles
 
 
La chance, car se retrouver durant un mois avec quelque 300 personnes venues du monde entier, c’est passionnant. Pendant que le Québécois et le Catalan se montrent préoccupés par des problèmes politiques…, le jeune venu de l’Inde est attentif au dialogue intereligieux, tandis que le jeune brésilien et le jeune paraguayen ont peur de rentrer au pays où la répression sévit…
 
1991, changement de décor : retour en France. J’étais revenu pour six mois, mais j’y suis encore ! J’y ai tout de suite retrouvé une dizaine de jécistes, gabonais évidemment, mais aussi sénégalais, ivoiriens, camerounais, centrAfricains, ougandais. Parmi eux, Georgette Ngabolo, étudiante en psychologie à Nice. C’est elle qui a eu l’idée, en 1991, de créer une amicale des anciens jécistes. Cette idée a finalement donné naissance à deux réalités : l’Association des Jécistes Africains en France (AJAF) et le Réseau des Anciens Jécistes d’Afrique (RAJA).
L’AJAF : des anciens jécistes venus continuer leurs études en France, se sont aperçus un jour qu’ils n’étaient pas des « anciens » jécistes, mais qu’ils étaient plutôt des jécistes Africains en France. Je suis avec eux, comme aumônier, depuis 1991.
 

 

img217

 

Avec  l’AJAF
 
Le RAJA : tandis que certains étudiants se proposaient de poursuivre leurs engagements de jécistes, en France, d’autres, en Afrique, entrés dans la vie active, approuvent l’idée de Georgette. Avec Lazare Animako, lui aussi, en France, non pas pour des études, mais comme Secrétaire Général de la JEC Internationale, avec tous ceux qui, à travers une dizaine de pays en Afrique, ont manifesté le désir de garder leur idéal après avoir quitté les bancs de l’université, nous avons donc mis sur pied un réseau des anciens jécistes d’Afrique. En 1997, à Bengerville, près d’Abidjan, nous avons tenu la première Assemblée Générale de ce Réseau.
 

 

 

Bengerville-1.jpg 



Avec  le  RAJA
 
 
 
 
Un film sur la première Assemblée Générale du RAJA
 
 
 

Une deuxième Assemblée Générale s’est tenue à Yaoundé en 1999, et la prochaine devrait avoir lieu en 2002.

 
 
 
Voilà donc, le plus rapidement possible et à gros traits, mon parcours.
 
Je voudrais maintenant tenter de vous dire ce que la JEC m’a apporté. Evidemment, la JEC n’offre pas quelque chose de tout cuit sur un plateau. C’est plutôt un idéal que l’on s’efforce d’atteindre. Mais le fait de se retrouver chaque semaine pour « faire révision de vie » peut aider à avancer sur la route choisie.
 
 
untitled.jpg

Réunis pour la Révision de vie, à Akébé
 

Au cours de mes premières années à Akébé, disons tant qu’il n’y avait que quatre ou cinq comités, je faisais réellement partie de ces comités. Je pouvais participer à leur vie. En France, avec un seul groupe, l’AJAF, depuis dix ans, il m’est possible également de prendre part à la vie du groupe, même si en France, nous rencontrons un autre inconvénient. Les membres de l’Association résident un peu partout à travers le pays. Il n’est pas question de se retrouver chaque semaine : les déplacements sont longs et coûtent cher ! Alors, dans la mesure où j’ai pu participer réellement à la vie de tel ou tel comité, je dirais que la JEC m’a appris à avancer sur quatre points :
 
            Vivre ensemble, toujours mieux...
            Faire l’unité en soi même
            Un Royaume à construire
            Une façon de s’organiser en Eglise

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           Avec des jécistes d'Akébé, en 1974 :

 

  Boite-29--1974---Copie.jpg

 

 

           et en 1975 :

 


Boite-80--1975-copie-1.jpg

 

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Vous pouvez envoyer vos commentaires à     gerardw@spiritains.org


La suite au   chapitre 3

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Published by Gérard Warenghem - dans joie-en-communaute
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