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29 novembre 2005 2 29 /11 /novembre /2005 09:15

6 septembre 2013

 

 

IMG.jpg « Remettre à l’endroit ce monde à l’envers »

 

http://partenia2000.over-blog.com/article-remettre-a-l-endroit-ce-monde-a-l-envers-115603670.html

 

C’est le titre du livre de nos amis Michel GIGAND, Michel LEFORT, Jean-Marie PEYNARD, José REIS, Claude SIMON, prêtres-ouvriers à la retraite, célibataires ou mariés, formant une équipe depuis près de trente ans. Ils ont travaillé dans différents secteurs (métallurgie, transport, commerce, communaux, Poste). Ils sont engagés dans le mouvement ouvrier et dans des organisations citoyennes.


J’ai bu ce livre comme du petit lait !

Ce qui est normal quand on sait que Partenia 2000 et ECCO 1[1] sont deux associations membres de la Fédération des Réseaux du Parvis 2[2].  Nous avons le même Bon Dieu !

Ce qui est plus surprenant quand on sait que je ne connais presque rien de la « classe ouvrière » et qu’après avoir passé vingt ans de ma vie à Akébé, un quartier populaire de Libreville, je suis toujours en contact étroit non seulement avec des gabonais, mais aussi avec des anciens jécistes de plusieurs pays d’Afrique.

Les « bas-fonds » de Libreville, en Afrique,  la « classe ouvrière » en Europe, deux points de départ apparemment bien différents, mais qui permettent de découvrir le même Jésus Christ !


 

couverture_livre.jpgEn ce qui me concerne, j’ai écrit, en 2003 : «La joie de vivre en communauté, en Afrique et en Europe » 3[3], et sans vouloir faire ici une liste exhaustive des rapprochements entre les deux livres, je voudrais faire ressortir quelques points communs.

Mais auparavant, je vous emmène faire un petit tour dans les « bas-fonds ». Je vous invite à relire cette petite histoire, tirée de mon livre :

 

Les bas-fonds

 

Il n’est pas question à Libreville, de « bidonvilles », et pourtant certains coins d’Akébé y ressemblent étrangement. On parle de « bas-fonds ». Ou des « matitis ».

Quand vous êtes sur la route, les maisons qui la bordent cachent souvent deux choses : d’une part, en bien des endroits, vous  ne pouvez pas imaginer qu’il y a derrière ces maisons un terrain très accidenté, et d’autre part, malgré ces escarpements, tout est construit. Je connais au moins quatre endroits où pour descendre chez ceux qui ont construit en bas, il faut être un peu acrobate, et je connais un endroit où les maisons sont tellement rapprochées qu’il faut, quand il pleut, fermer son parapluie pour passer !

Un soir, il faisait déjà nuit (la nuit tombe vite à l’équateur), avec la responsable nationale de la J.E.C. d’alors, nous remontions sur la route, en faisant attention, dans la nuit, où nous mettions les pieds : il faut éviter les cailloux, les flaques d’eau, la boue, tâtonner pour être sûr d’avancer sans tomber, bref, faire un peu de sport ! Mais c’est du sport obligatoire et ceux qui habitent ces endroits n’ont pas forcément envie de faire du sport tous les jours. De même, pour descendre voir quelqu’un, par ces chemins, il faut vraiment en avoir envie... Ce qui explique la réaction de la responsable : « Heureusement que Jésus habite dans les bas-fonds, parce que ... »

Des réflexions de ce genre, dans de pareilles situations, ça vous aide à comprendre un peu mieux l’évangile, ça vous donne de quoi méditer… pas besoin de livres !

 

 

« Remettre à l’endroit ce monde à l’envers »  Page 13 :   

« Si nous faisons le point sur ce que nous sommes devenus au fil des années, nous pouvons affirmer quelques convictions. Ce qui compte le plus pour nous, ce sont les luttes pour transformer le monde »

Et page 14 : Le Royaume de Dieu et un monde à transformer

 

Après toutes ces années passées à Akébé et avec la JEC gabonaise, j’affirme également : ce qui comptait le plus pour nous, c’était les « actions transformatrices ».

« Les actions de type caritatif étaient évidemment les plus nombreuses, mais notre réflexion et notre action ne s’arrêtaient pourtant pas là. Voici quelques exemples de ce que nous appelons chez les jécistes, des « actions transformatrices ». Il s’agit de transformer notre société pour faire advenir le Royaume de Dieu ». Extrait du chapitre 10, http://joie-en-communaute.over-blog.com/article-3755952.html « Des eucharisties vivantes »

Que ce soit dans les équipes d’enfants (ACE), les comités JEC ou les communautés d’adultes, en le disant ou en ne le disant pas, on pratiquait le VOIR, JUGER, AGIR. Agir avec en tête cette parole du Christ : « Je suis venu pour que les hommes aient la vie, et la vie en abondance » Jean 10,10. Cette référence, tout le monde l’avait en tête !

 


Tout au long de leur livre, nos amis de Caen citent quantité d’auteurs qui nous renforcent dans nos convictions et dans notre espérance.

A la page 61 : Pierre Pierrard 4 [4] cite Karl Barth : « Il n’y a plus deux histoires, étrangères l’une à l’autre, l’histoire sacrée et l’histoire profane : il y a une seule histoire, celle de l’Humanité en marche vers le Royaume des cieux » 5 [5]

Et nous lisons dans les Bases Communes de la JEC Internationale (1978) : « La JEC appartient à la famille des mouvements d’Action Catholique spécialisée, caractérisés par quelques intuitions fondamentales. La première est la conviction que l’histoire que nous vivons est déjà l’Histoire du Salut, comme le révèle de façon définitive le fait que le Fils de Dieu se soit fait homme, qu’il soit mort et ressuscité pour nous. Ainsi c’est dans l’histoire de tous les jours qu’il faut répondre à l’amour de Dieu. »

 

Un autre point de convergence :

Page 128

« Renaître d’en haut, ne serait-ce pas laisser les pauvres nous évangéliser ? Ce serait aussi sortir d’une organisation ministérielle centralisée qui gouverne tout, comme si l’Esprit n’irriguait l’Eglise qu’à travers un seul canal, celui de la hiérarchie établie… Ce ne sont pas les communautés qui s’adapteront aux ministres qui leur sont envoyé, mais la vie des communautés qui engendrera les ministres qui lui sont nécessaires… »

 

Chaque fois que j’entends parler de « nouvelle évangélisation », je pense au titre d’un autre livre : « Les pauvres m’ont évangélisé ». Oui, laissons les pauvres nous évangéliser. Je ne vais pas réécrire ici le chapitre 10 de mon livre… Allez jeter un coup d’œil : http://joie-en-communaute.over-blog.com/article-3755876.html et vous verrez pourquoi je dis que les pauvres m’ont évangélisé !

 

« La vie des communautés engendrera les ministres qui lui sont nécessaires ». Oui, dans nos communautés, équipes ou comités, on ne parlait pas de « ministres », mais de « chargé-e de ». Evidemment, homme ou femme : pas de distinction de sexe au niveau des services à rendre. Le « prêtre » que j’étais ne se confondait avec le ou la responsable. Je me sentais « chargé de la communion ». Chaque communauté a son ou sa responsable et assez vite, et de plus, nous avons créé un « Bureau des communautés ».

 

 

Page 22 :

… dans les débuts du christianisme il n’y a pas de distinction clerc laïc….

 

Ce qui rejoint la conclusion de mon livre :

« Dans la préface du livre de Jean Pierre Roche, « Prêtres – laïcs, un couple à dépasser », Mgr Albert Rouet, évêque de Poitiers, écrit : « Le prêtre, de fait, change de place. Ce n’est plus autour de lui que tourne la communauté, c’est lui qui tourne autour d’elle. Révolution copernicienne. » Tourner autour d’une communauté, c’est possible, tourner autour de quatorze communautés, c’est presque un exploit ! Et je ne pense pas seulement aux 14 communautés des Rois Mages, à Libreville. Abel, le séminariste avec qui nous avons créé les premières communautés d’Akébé, est devenu prêtre en 1981. Venu à Paris pour des études, un problème de santé l’a obligé à rester en France. Il s’est retrouvé curé de Toury et des treize villages environnant (diocèse de Chartres). Durant trois ans, il fut donc au service des 14 communautés, tout en étant trois jours par semaine à l’hôpital d’Etampes pour des dialyses…

Alors vienne le temps où plus personne ne tournera plus autour de personne. Vienne le temps où nous serons tous les uns avec les autres, vienne le temps où le prêtre, autrement dit le chargé de la communion, marié ou non, homme ou femme, sera comme tout un chacun, membre à part entière de la communauté, et surtout plus jamais membre entièrement à part ! »  6[6]

 

J’avais noté d’autres rapprochements, mais je risque d’écrire un nouveau livre !

 

Je terminerai avec :

Page 153

Le travail professionnel et l’engagement syndical, facteurs d’émancipation ;

Page 182

Nous avons pris nos distances avec tout ce passé de religion de chrétienté. La plupart des discours officiels de l’Eglise, son fonctionnement d’un autre âge, son attachement à l’aspect « religion » sont en contradiction avec nos trajectoires de croyants mêlées aux réalités du monde, en particulier de la vie ouvrière.

 

Entre 1966 et 1970, durant quatre années, avant de partir au Gabon, j’ai eu la chance de me retrouver chaque soir dans la cité des Lozaits, à Villejuif. Et d’être durant tout ce temps, touché par le rayonnement d’un saint, le Père Christian. Une autre personne qui m’a également orienté dans une certaine direction, proche de l’évangile, c’est Brassens. C’était sans doute le début d’une émancipation… Mais c’est surtout le fait  d’avoir vécu au jour le jour, durant 20 ans, avec les habitants de ce vaste quartier, Akébé, qui m’a permis, sans que je ne m’en aperçoive, de prendre mes distances avec tout notre passé de religion de chrétienté.  

 

Page 193, c’est Jean Marie Kohler, responsable de revue Parvis, qui est cité : « L’avenir de Dieu parmi les hommes ne se joue pas à travers des rites ou des savoirs. Il se joue au plus près des hommes et à ras de terre, dans le monde tel qu’il est, avec ses espoirs et ses violences »

 

Dans ma conclusion, j’emploie une autre expression : « au ras des pâquerettes » ! Et aussi : « Dans l’évangile, ce sont souvent les gens simples qui inspirent à Jésus des commentaires sur le Royaume qu’il vient  inaugurer… »

Tout ceci nous conduit à travailler « avec acharnement », comme le disait une jéciste, pour faire de ce monde un monde plus humain tel que Dieu le veut.

Gérard Warenghem

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P.S. : Avec les jécistes du Gabon, dans les années 80, un chant de John Littleton avait du succès : « Bâtir le monde » :


 

http://www.kiwimp3.com/mp3/9/John-Littleton---B-tir-le-monde/x9QLUYez/

 

 

 



[1] 1 Equipe de Chrétiens en Classe Ouvrière (secteur de Caen)

 

[3] 3 La joie de vivre en communauté, en Afrique ou en Europe : http://joie-en-communaute.over-blog.com/

 

[4] 4 Un des fondateurs de Partenia 2000

 

[5] 5 Pierre Pierrard, l’Eglise d’en bas, Nouvelle Cité, 2005, p 15

 

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Published by Gérardw - dans joie-en-communaute
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