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27 août 2006 7 27 /08 /août /2006 11:52

DEUXIEME PARTIE

 

Prêtre au service de la communauté

 

Je reprends donc ici, en partie, les réflexions que m’avait inspirées la vingtaine d’années passées à Libreville. Je les ai mises sur papier en 1995, soit cinq ans après mon retour en France. Cinq ans, ce n’est pas trop long : les souvenirs sont encore nombreux.

 

7. Les commencements

Nous sommes entre 1970 et 1990, en Afrique, à cheval sur l’équateur, au Gabon. Capitale : Libreville.

7. Les commencements

Cliquer sur : Agrandir le plan 

 

A Libreville, un vaste quartier : Akébé (40.000 habitants, environ...). Akébé, subdivisé en : Akébé-Ville, Pont d’Akébé, Akébé Bellevue, Akébé Poteaux, Akébé Plaine, Akébé Kinguélé, Derrière le Centre Social, Akébé Frontière, Derrière la Région, La Peyrie, Venez Voir, Rio, Dragon… Bref, les Etats-Unis d’Akébé !

7. Les commencements

La paroisse des Rois Mages recouvre ce vaste quartier.

 

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Chapitre 7
 
Les commencements
 
Voici comment y est née la première communauté chrétienne, appelée plutôt, dans les premiers temps : « groupe de chrétiens ». J’habitais Akébé depuis quelques semaines. Un jour, un monsieur nommé Mbasong vint m’exposer son désir d’être baptisé. Je venais de terminer quatre années de théologie pendant lesquelles j’avais eu le temps de comprendre la signification du baptême : reconnu officiellement enfant de Dieu, je fais désormais partie de l’Eglise. L’Eglise comprise dans le sens du concile Vatican II : le « peuple de Dieu » venait d’être remis à l’honneur. Souvenez-vous des explications géométriques : on allait passer de la pyramide au cercle. Le pape ne serait plus en haut de la pyramide et les fidèles ne diraient plus « amen » en bas...

Mon long entretien avec Mbasong s’était conclu à peu prés de la façon suivante : je lui conseillai de trouver dans son quartier, quelqu’un qui pourrait lui expliquer un catéchisme écrit dans sa langue (lui-même ne savait pas lire). Comme sa femme voulait être baptisée également, ils se sont retrouvés, non sans difficulté, à trois, et un peu plus tard, à quatre. Chaque semaine, ils se réunissaient pour lire le catéchisme, et très vite, la bible. Ils se sont mis aussi à réfléchir sur leur vie, avec la bible. Pendant quelques mois, la petite équipe s’est retrouvée ainsi chaque semaine, faisant preuve de beaucoup de persévérance.

Et un beau soir, les choses prirent une dimension nouvelle. Alors que nous remontions sur la route, et que nous étions en train de nous dire au revoir, nous croisons quelqu’un qui nous est présenté tout de suite comme ancien « catéchiste », non pas ici à Libreville, mais dans le nord du Gabon. C’était l’homme qu’il nous fallait puisqu’il résidait maintenant à Akébé.
 
L'homme qu'il nous fallait.... Barthélémy dans sa communauté, lors d'un baptème, quelques années après.

L'homme qu'il nous fallait.... Barthélémy dans sa communauté, lors d'un baptème, quelques années après.

 

Aussitôt dit, aussitôt fait : cet ancien catéchiste prenait en main le petit groupe. C’est ainsi qu’est née la première communauté chrétienne des Rois Mages, la communauté d’Akébé Plaine qui deviendra plus tard la communauté Sainte Anne. Elle comptait, quand je suis parti en 1991, une cinquantaine de membres. Et comme la plupart des communautés avec lesquelles vous allez prendre contact, elle vit toujours, en 2002 !
 
La voici en 2010 :
 
D’autres sont nées de manières différentes. Jacqueline par exemple, a créé la sienne, dans son quartier, à Bellevue. Trouvant que la communauté d’Akébé Plaine dont elle faisait partie, était éloignée de son domicile, elle s’est mise à contacter les amis chrétiens de son entourage, et avec quelques intéressés, malgré toutes les difficultés, ils mirent au monde une nouvelle communauté.

Avec une religieuse gabonaise qui habitait sur une autre paroisse mais qui nous avait prêté main-forte, la sœur Bénédicta, avec un séminariste gabonais, Abel, avec Jacqueline, de Bellevue, avec Robert, de « Derrière le Centre Social », avec Thérèse, de Kinguélé, et avec bien d’autres, nous avons rapidement mis sur pied, une, deux, trois, quatre, cinq communautés... Chacune, en deux ou trois ans s’est organisée, s’est fixée un jour et un lieu de réunion, s’est trouvée un responsable. La sœur et le séminariste sont partis. Je suis resté, comme prêtre, présent dans chacune de ces communautés. Après plusieurs années passées aux Rois Mages, les pères René et Guy ont également rejoint d’autres paroisses.
Baptême dans la communauté du Pont d’Akébé, avec le Père Guy.

Baptême dans la communauté du Pont d’Akébé, avec le Père Guy.

 
Je voudrais, en avant-goût, vous donner à lire un article que j’avais écrit en cette époque heureuse... :
 
Le plaisir de vivre en communauté
 
« Il va falloir bombarder les paroisses existantes pour les faire éclater en petites communautés à taille humaine » 2
 
C’est le Cardinal Malula, archevêque de Kinshasa qui parle. D’une certaine façon, nous avons eu de la chance aux Rois Mages. C’est une grande paroisse, mais elle est relativement récente : le premier baptême a eu lieu le 19 janvier 1964, et il n’y a pas eu besoin de « bombarder » car il n’y avait pas beaucoup de structures bien établies en 1970. Pendant la guerre du Biafra, l’évacuation des enfants sur Libreville avait mobilisé toutes les énergies du curé. Il avait travaillé à la construction d’un hôpital qui devait recueillir ces enfants.
C’est donc tout naturellement que les communautés se sont construites, petit à petit, au fur et à mesure que les chrétiens de ce vaste quartier, Akébé, ont pris conscience qu’ils ne pouvaient pas se connaître tous. Je crois que le tour de la paroisse doit bien faire une vingtaine de kilomètres.
Alors, que ce soit au niveau des enfants, des jeunes ou des adultes, c’est automatique : les enfants d’un même quartier se retrouvent naturellement ensemble. Ils ne vont pas faire des kilomètres pour aller se retrouver avec ceux qui habitent à l’autre bout d’Akébé. Ils forment leur équipe là où ils habitent, ce qui donne chaque année une vingtaine d’équipes environ. Et il en va de même pour les jeunes et les adultes. La communauté n’est pas imposée : les chrétiens se retrouvent d’eux-mêmes, au moins ceux qui ont le désir de vivre leur foi dans des cellules à taille humaine.
Il faut noter ici un paradoxe, et c’est sans doute l’exception qui confirme la règle : certaines personnes font des kilomètres chaque semaine, pour rejoindre leur communauté. Après avoir déménagé, certains vont quand même traverser toute la ville, la nuit, pour participer à la réunion de « leur » communauté, celle dont ils faisaient partie avant de déménager.
Ainsi se vérifie ce qu’écrivait déjà Monseigneur Zoa, archevêque de Yaoundé, en 1973 : « Dans ces communautés, les hommes apprennent à se connaître concrètement et à organiser les solidarités vraies existantes. Ils assument leurs responsabilités pour un salut commun. »
Les hommes apprennent à se connaître concrètement : la communauté devient une deuxième famille où il fait bon se retrouver. Nous vivons cela aux Rois Mages tous les jours !
 
                                                                            Père Gérard
  
Cliquer sur : link
 

 

 
Notez en passant que nous avions un peu d’avance sur le Synode africain : il nous arrivait déjà de parler quelquefois de « famille ». La notion de « Eglise-famille de Dieu » sera déclarée en 1995 « expression particulièrement appropriée à la nature de l’Eglise pour l’Afrique. L’image, en effet, met l’accent sur l’attention à l’autre, la solidarité, la chaleur des relations, l’accueil, le dialogue et la confiance. »
 1

Sans plus tarder, poussons la porte, entrons et faisons connaissance. Voici ce qu’écrivaient en 1983, la communauté de Kinguélé et celle de Fin de Goudron. Deux parmi les quatorze qui existaient alors. Les premières sont nées à partir de 1973. Dix ans après, pour célébrer cet anniversaire, nous avons tenu une Assemblée Générale des communautés et à cette occasion, chacune d’entre elles avait été invitée à écrire son histoire, ce qui nous avait valu un petit fascicule intitulé : « 1973 - 1983 : dix ans d’histoire, suivi du Rapport de la première Assemblée Générale des Communautés ». 
Je reprends ici, fidèlement, ce qu’écrivaient ces deux communautés. Pour ne pas faire de jaloux, vous pourrez lire, au long de cette deuxième partie, ce qu’écrivaient les autres. Je ne m’appuierai donc pas seulement sur mes souvenirs personnels, mais aussi sur ce que les uns et les autres avaient alors retenu de leurs premières années d’existence.
 
 
Communauté de Kinguélé
 

Cliquer sur  Vue d'avion

 

Vers 1973, le quartier de Kinguélé n’avait pas de communauté. Les quelques membres de Kinguélé allaient chez Barthélemy, à Akébé-Plaine. Ils étaient au nombre de trois. Vu la distance qui séparait les deux quartiers, Michel, Agathe et Thérèse décidèrent de créer une communauté à Kinguélé, en 1974.
Composition : dans cette communauté, il y a un responsable qui est chargé de diriger les réunions : il expose le sujet et donne la parole aux membres; une secrétaire chargée de rédiger les idées de chaque membre après la discussion, et vu les notes prises par la secrétaire, on arrive à une conclusion; un trésorier qui encaisse tout ce que nous versons par mois dans la caisse de la communauté. Avant de verser cette somme, on s’entend d’abord sur le taux de la cotisation. Cet argent sert pour nous secourir ou pour aider un membre de la communauté voisine. Les dépenses se font devant tout le monde. Il y a aussi un chargé des relations avec les autres communautés. Il est chargé de nous mettre au courant de ce qui se passe dans les autres communautés : baptêmes, décès, naissances, joies, etc. Notre communauté a aussi deux choristes. Chacun de nous a donc un rôle très important à jouer dans la communauté.
Notre première manifestation fut le baptême de Thérèse et de Valentine en 1975. Après le baptême de ces catéchumènes adultes, à l’église, la communauté avait invité plusieurs membres des autres communautés et les prêtres. Nous avons partagé notre joie par des chants et des prières, suivis d’un repas.
7. Les commencements
7. Les commencements
Quelques mois plus tard, le responsable partait pour le Woleu-Ntem, pour des raisons familiales. Nous avons eu alors des difficultés, le groupe a même failli se dissoudre. Mais un redressement s’est opéré.
A Noël 1975 la veillée avait eu lieu chez nous : à chaque fête de Noël, les communautés d’Akébé se retrouvent dans une même communauté après la messe de minuit, en présentant des jeux, des chants, et nous prenons le repas ensemble.
En 1976, nous avons été faire une messe à Palmévéa (prés de Lambaréné), avec le Père René. La sœur Bénédicta était du voyage, voyage qui nous a permis de connaître les chrétiens de Palmévéa. En cette même année, nous avons aidé deux nouvelles communautés qui en étaient à leur création : celle de Dragon et celle de Derrière l’hôpital.
Nous avons eu aussi des contacts avec les communautés de Lambaréné : on se retrouvait une fois par an, soit à Libreville, soit à Lambaréné. En 1977, les responsables de Lambaréné étaient venus à Libreville. Après une soirée de réflexion avec eux, le dimanche midi nous nous sommes retrouvés dans la communauté de Fin de Goudron, pour un baptême. Après la cérémonie, nous avons partagé notre joie et un repas. Avant de nous séparer, la télévision gabonaise était venue nous poser des questions sur nos communautés et chaque responsable avait répondu à son tour : c’était notre premier film.
Le 13 mai 1979, la communauté des adultes, celle des jécistes, les équipes de Cœurs Vaillants et d’Ames Vaillantes et le groupe des petits qui apprenaient le catéchisme, tous ces groupes qui existaient alors à Kinguélé se sont retrouvés chez Jeanne. Le thème de la discussion entre les jeunes et les adultes était : « Le conflit des générations ».
Nous organisons aussi des veillées mortuaires. Lorsqu’un membre de la communauté a un décès, nous nous réunissons chez lui et nous faisons une veillée de prière. Après cette prière, nous faisons une quête devant tout le monde. Nous comptons cet argent et nous le remettons à la famille du défunt.
Nos relations ne se limitent pas seulement à Libreville ou à Lambaréné : c’est ainsi qu’en 1981, la communauté de Kinguélé a assisté à l’ordination du Père Abel à Oyem.
Tout ce que nous avons pu faire dans notre communauté n’a pas été écrit ici, mais ceci montre déjà quelques-unes de nos actions de bonne volonté.
 
Nous souhaitons pour terminer, la participation de tous.
 
                                                                                La communauté de Kinguélé
 
 
 
Quittons Kinguélé et dirigeons-nous vers « Fin de Goudron ». Depuis 1978, la route a été prolongée et goudronnée ! Il a fallu aussi changer le nom de la communauté… Mais dans les débuts, tout le monde situait facilement ce quartier. Dans le récit qui suit, où les détails sont nombreux, continuons à découvrir quelques aspects de la vie en communauté, sous l’équateur.
 


La Communauté de Fin de Goudron
 
Comment le groupe de Fin de Goudron est-il né ?
Ce fut en 1972 que Monsieur Ondo Biveghe eut envie de baptiser son enfant. Il décida alors de contacter le Père Gérard Warenghem pour l’accomplissement de cet acte; ceci fut fait avec la plus grande facilité.
Le père avait constaté à la suite de ce baptême qu’une forte communauté pouvait se faire à Fin de Goudron. Il décida alors de projeter des diapositives; ceci attira beaucoup de monde, c’est à dire les chrétiens qui habitent ce quartier. C’est ainsi que fut décidée instantanément la tenue des réunions qui regrouperont tous les dimanches soirs les chrétiens.
Au début, le groupe était équilibré, autant d’hommes que de femmes, mais à l’heure actuelle, il ne comprend plus que quelques rares hommes et une quinzaine de femmes. Abel Eyegue Mba, séminariste à Saint Jean, fut alors le principal animateur de ces réunions, car il s’est dévoué à nous apprendre le catéchisme et des chants. La tenue de ces réunions fut régulière chez Monsieur Ondo, mais elles furent de temps à autre perturbées par ses voisins. Nous changeâmes alors le lieu et nous décidâmes de les faire chez Monsieur Eko Michel.
Ceci fut fait, et chaque fois qu’on baptisait des enfants, tous les autres groupes devaient se joindre à nous : ils étaient invités. Cela se passait sans la participation des balafons. Nous n’avions à l’époque que des tam-tams et des tambours.
Un membre actif de notre communauté nous quitta pour aller fonder sa communauté, il s’appelle Ondo Meye Robert, et sa communauté est celle de Derrière le Centre Social.
En 1973, il y a eu un premier mariage religieux dans notre communauté : Michel Eko et Marie Jeanne Obele.
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7. Les commencements

Marie Jeanne et Michel

7. Les commencements
Le 24 décembre 1973, nous avons eu une veillée de Noël après la messe de minuit, et depuis nous avons pris l’habitude, chaque année, de nous réunir (toutes les communautés) pour un petit réveillon.
Après nous sommes partis chez Caroline qui était responsable à cette époque et Obounou son adjoint. C’est en ce moment qu’il y a eu des Cœurs Vaillants et des Ames Vaillantes.
En cas de malheur, tout le monde se retrouve chez l’intéressé et nous partageons ensemble sa douleur.
Aussi, nous nous manifestons pour certains événements par exemple l’arrivée à deux reprises des gens de Lambaréné que nous avons pu héberger; l’arrivée aussi de la mère du Père Legagneur. Nous nous sommes organisés et nous avons amassé la nourriture pour pouvoir la recevoir dans les conditions dignes de son rang. Des chants et danses furent organisés à cet effet.
Auparavant, nous organisions des excursions au Cap avec le Père Gérard et nous célébrions la messe. Là-bas nous avons même découvert l’une des premières chapelles de Libreville.
 
 
cliquer sur :
Cap - Fin de goudron
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Nous fréquentions également et régulièrement le séminaire Saint Jean pour des journées d’amitié entre toutes les communautés ou des journées de récollection pour les catéchumènes qui étaient alors accompagnés de leurs responsables de communauté.
Après les congés de 1975, il y eut alors un changement, c’est à dire des nouveaux responsables : Rosalie la responsable et son adjoint Jacques Nseme. C’est à ce moment que nous commencions à jouer aux balafons et un groupe d’enfants de Derrière le Centre Social chantait en s’accompagnant avec des coquilles d’escargots.
7. Les commencements
 
Les balafons et les escargots !
7. Les commencements
A Pâques 1976, notre communauté avait reçu Monseigneur l’Archevêque. C’était un jour pour le sacrement de Confirmation. Il y avait tous les responsables des communautés d’Akébé ainsi que tous les confirmants adultes. Nous avons beaucoup mangé et bu, il y eut même beaucoup de restes.
Le 24 octobre 1976, pendant une de nos réunions chez Adèle, nous avons reçu le Pasteur Mebeign et ses deux adjoints.
En février 1977, une femme de notre communauté, Adèle, tomba de l’atangatier, et elle se cassa la colonne vertébrale. Nous lui avons payé un billet d’avion avec l’argent de notre caisse communautaire, pour qu’elle aille se faire soigner chez elle à Mitzic, puisqu’il n’y avait pas de plâtre à l’hôpital.
 
Après quelques mois, notre communauté fut en deuil, un membre très actif et très animateur tomba aussi de l’atangatier et lui, trouva la mort. Son nom était Eko Michel dont j’ai d’abord signalé le mariage avec Obele Marie Jeanne. Ce fut un coup terrible pour toutes les communautés chrétiennes d’Akébé. Quand le corps se trouvait encore à la morgue, toutes les femmes de notre communauté allaient dormir avec la veuve jusqu’au jour où il fut transféré dans son village natal. Une grande veillée fut organisée à la veille du départ du corps.
 
En 1980, nous avons eu une rencontre avec nos frères protestants de la Paroisse d’Akébé Bellevue. Il y avait plusieurs membres de la communauté de Derrière le Centre Social. Le Pasteur qui était venu pour la circonstance était le Pasteur Nguema Nkizo. Il y avait les Pères Gérard et Guy. Le sujet à traiter était le mariage dans tous les sens, c’est à dire mariage coutumier, civil et religieux. Les débats furent très longs. Nous avons terminé notre rencontre par un repas copieux, tout le monde était content.
En 1981, un membre de notre communauté a eu sa maison brûlée. Nous avions fait une cotisation et nous l’avons aidé à acheter quelques assiettes et marmites.
Avant, pendant nos réunions, nous versions 500 F CFA à la fin de chaque mois pour notre caisse communautaire. Pendant un certain temps, nous avons remarqué que notre caisse ne fonctionnait pas, on oubliait que c’était la fin du mois. Nous versons maintenant cent francs CFA à la fin de chaque réunion, et cela marche très bien.
Depuis 1979 il n’y a pas eu de baptême dans notre communauté, car après chaque baptême les personnes qui avaient baptisé leurs enfants ne revenaient plus. Alors nous avons décidé que si un nouveau venu veut baptiser un enfant, qu’il fasse les réunions dans la communauté, après il ira baptiser son enfant à l’Eglise. Et s’il s’agit de l’enfant d’un membre actif et ancien, alors le baptême peut se faire dans la communauté
Actuellement, c’est l’Assemblée Générale des communautés, et nous espérons que celle-ci se déroulera dans de bonnes conditions.
 
                                                                                               Rosalie Angue
 
  Rosalie, la responsable, lors d'une fête (baptème dans une communauté) et lors d'une réunion au Séminaire Saint Jean :

Rosalie, la responsable, lors d'une fête (baptème dans une communauté) et lors d'une réunion au Séminaire Saint Jean :

7. Les commencements
 
2007, la communauté existe toujours. C'est aujourd'hui la communauté Saint Jean Baptiste : 
 
 

 

et la communauté en 2010 :

 
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Toujours dans ces mêmes débuts, je me souviens de ce que j’avais répondu au curé d’une paroisse voisine. Je crois qu’il essayait de transformer certains groupes existant sur sa paroisse, en communautés. Mais, scepticisme de sa part, ou désir d’approfondir la réflexion, voilà qu’il me demande un jour, à brûle-pourpoint : « Vos communautés, ça débouche sur quoi? ». Etonné par cette question posée tout à fait inopinément, je me suis surpris à lui répondre du tac au tac : « Ca débouche sur le paradis ! ». Il me semble avoir tout de même avoir ajouté ce petit commentaire : « le Christ nous a demandés de nous aimer les uns les autres, il ne nous a pas demandé autre chose... Vivre en communion avec Dieu et avec les autres, c’est vivre bien, et c’est même commencer une vie qui durera éternellement ».
.
Dans ce même ordre d’idée, je ne peux m’empêcher d’ajouter ici une réflexion entendue trois ou quatre fois, dans des bouches différentes, les tous premiers jours de mon retour à Libreville, pour quelques semaines de vacances, en juillet 1994, après trois ans d’absence. Dans la joie des retrouvailles, au milieu des chants et des danses, devant des tables bien garnies, plusieurs se sont exclamés : « Si seulement la mort pouvait être comme cela ! ». Je disais à l’un d’entre eux que, certainement, pour les retrouvailles au ciel, ce serait encore mieux... Comme il n’avait pas l’air convaincu, je lui ai cité de mémoire quelques passages bibliques où il est question de chants mais aussi de « vins capiteux et de viandes succulentes » ! La Régab (bière) et le poisson salé, c’est déjà pas mal, alors des « vins capiteux » et des « viandes succulentes » qu’est-ce que ça doit être...
 
1994, retrouvailles, à Libreville

1994, retrouvailles, à Libreville

 
La même joie, en 1999, dans la communauté saint David
 
Voir :  
 
Voir aussi aussi, toujours en 1999, retrouvailles avec la communauté Sainte Thérèse :

Les retrouvailles ... avec repas, cadeaux, danses ... Même Gérard s'y met ... : "Gérard ayem adzeum" ...

 

Ici, les communautés sont sur la même longueur d'onde que Madeleine Delbrel....

"Nous vous avons joué de la flûte "  et ... nous avons dansé !!!

Voir :
  

 

 

Retrouvailles encore avec ....
 

- avec la communauté Saint François Xavier :

 

et Saint François Xavier en 2010 :

 

- avec la communauté Saint Pierre et Paul :

 

- avec la communauté Saint Gabriel :

 

- Avec le communauté Saint Augustin (en 2010)  :

 

Avec la communauté Saint Grégoire le Grand (en 2010)  :

 

Vivre en communion avec ses frères et avec Dieu, c’est commencer, dés aujourd’hui, une vie qui durera éternellement. Et nous n’insisterons jamais assez sur le « dés aujourd’hui » !

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Vous pouvez envoyer vos commentaires à   gerardw@spiritains.org

Suite au chapitre 7 (suite)

 

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