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16 août 2006 3 16 /08 /août /2006 16:09
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CONCLUSION
 
 
Vous pensez peut-être : « Finalement, il n’y a rien d’extraordinaire dans toutes ces pages ! » C’est la vie quotidienne, ce sont souvent des événements anodins, quand ce ne sont pas des anecdotes.
 
Eh oui ! Comme les articles et les livres sur les ministères ne manquent pas, je suis plutôt resté au genre témoignage, récits d’expériences, descriptions de la vie ordinaire d’un prêtre ordinaire. Quelques anciens jécistes, aujourd’hui bardés de diplômes, docteurs en ceci ou en cela, auraient souhaité que je pousse plus loin la réflexion et que je parle un peu comme eux, avec un langage plus savant. Pas de chance ! Je suis resté trop longtemps avec les gens ordinaires. « Nous autres gens des rues » disait Madeleine Delbrel à Ivry. « Nous les Makaya » disent les Gabonais moyens d’Akébé.
 
Dans l’évangile, ce sont souvent les gens simples qui inspirent à Jésus des commentaires sur le Royaume qu’il vient inaugurer, le Royaume de son Père, sur la terre : la veuve qui verse son obole, le berger qui récupère sa brebis, la femme qui retrouve sa pièce d’argent, celui qui vient la nuit cogner à la porte… Bref, nous sommes restés au ras des pâquerettes : ce sont des lignes écrites par un simple prêtre comme il en existe des milliers. Dommage que certaines façons de penser et que certaines façons de faire ont la vie dure, nous pourrions être des centaines de milliers !
 
Je connais, et vous en connaissez aussi, des dizaines de personnes, hommes et femmes, qui ont, tout comme moi, leurs défauts, mais qui mettraient l’unité dans leur communauté aussi bien que moi, sinon mieux.
 
Je connais aussi des intellectuels, hommes et femmes, qui seraient vite, sinon des experts, au moins des gens compétents en exégèse, en théologie, et en tout ce que vous voudrez ! Je connais des catéchistes, des chanteurs, des balafonistes, des responsables de communauté, hommes et femmes … Et tout le monde les connaît. Ils sont là, devant nos yeux. Ce ne sont pas les talents qui manquent ! Alors pourquoi, prochainement, des personnes plus spécialement chargées de la communion, ne seraient-elles pas reconnues officiellement et ordonnées pour ce service. L’amour, la communion, l’eucharistie : il en va de notre fidélité au Christ ressuscité qui ne nous a pas parlé d’autre chose.
 
Il est temps de mettre l’imagination au pouvoir. Les années passent, les choses évoluent, les hommes aussi, et les besoins des communautés se diversifient. A nous d’être inventifs et de trouver les façons nouvelles de répondre aux différents besoins de ces communautés. Mais ceci suppose que la priorité des priorités ne soit plus la résolution de la « crise des vocations. » Ceci suppose que la priorité des priorités soit la multiplication des communautés chrétiennes à taille humaine, vivantes, dynamiques et rayonnantes. 

Comme celle - ci par exemple :

 
 
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Jean Marc Ela, théologien camerounais, écrivait déjà en 1977 :
 
« il s’agit donc de renouveler la problématique des ministères non plus à partir de la crise du clergé mais en fonction de la situation et des besoins des communautés ».[1]
Dans la préface du livre de Jean Pierre Roche, « Prêtres – laïcs, un couple à dépasser », Mgr Albert Rouet, évêque de Poitiers, écrit : « Le prêtre, de fait, change de place. Ce n’est plus autour de lui que tourne la communauté, c’est lui qui tourne autour d’elle. Révolution copernicienne. » Tourner autour d’une communauté, c’est possible, tourner autour de quatorze communautés, c’est presque un exploit ! Et je ne pense pas seulement aux 14 communautés des Rois Mages, à Libreville. Abel, le séminariste avec qui nous avons créé les premières communautés d’Akébé, est devenu prêtre en 1981. Venu à Paris pour des études, un problème de santé l’a obligé à rester en France. Il s’est retrouvé curé de Toury et des treize villages environnant (diocèse de Chartres). Durant trois ans, il fut donc au service des 14 communautés, tout en étant trois jours par semaine à l’hôpital d’Etampes pour des dialyses…
 
Alors vienne le temps où plus personne ne tournera plus autour de personne. Vienne le temps où nous serons tous les uns avec les autres, vienne le temps où le prêtre, autrement dit le chargé de la communion, marié ou non, homme ou femme, sera comme tout un chacun, membre à part entière de la communauté, et surtout plus jamais membre entièrement à part !
 
 
Un mot encore, pour terminer sur une note spiritaine !
Je comprends mieux aujourd’hui, après avoir écrit ce que vous venez de lire, ce qui a été dit au Chapitre Général de Maynooth. Tous les six ans, les spiritains font le point sur leur situation, au cours d’un Chapitre Général. En 1998, à Maynooth, en Irlande, ils ont commencé leur assemblée en écoutant une série de témoignages sur ce que peuvent vivre des spiritains de par le monde.
Je relève dans le compte-rendu de ce Chapitre, ces constatations qui sont aussi les miennes :
 
« Plusieurs fois, ceux qui présentaient une expérience ont désigné les hommes et les femmes parmi lesquels ils vivaient comme une source fondamentale de leur inspiration.
 
La présence et l’action de l’Esprit peuvent être discernées dans la vie de ces gens, surtout chez les pauvres et les opprimés. Ils nous inspirent par leur hospitalité, leur simplicité, leur générosité et leur foi profonde.
 
Plus nous nous identifions avec eux et leurs souffrances, plus nous comprenons l’Evangile que nous prêchons (RVS 24.1[2]). Cela exige de réévaluer notre style de vie et de travailler avec eux contre les structures qui les écrasent. Dans ce service et cette fraternité, nous nous sentons plus proches de Jésus et de la Bonne Nouvelle du Royaume.
 
Nous nous retrouvons membres d’une nouvelle famille, bien plus large, recevant des forces inattendues, en des moments de difficultés, de la part de ceux avec qui nous vivons et travaillons. »[3]
 
nouvelle_famille.jpg
 
Je n’aurais pas dit autre chose, si j’avais participé à ce Chapitre !
Et je suis donc fier de faire partie de ces spiritains ordinaires.
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[1]Jean Marc Ela, Ministère ecclésial et jeunes Eglises, Concilium n°126, juin 1997
[2]Règle de Vie spiritaine, n°24.1
[3]Maynooth 1998, Chapitre Général
 
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Vous pouvez envoyer vos commentaires à gerardw@spiritains.org
 
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Published by Gérard Warenghem - dans joie-en-communaute
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