SOMMAIRE
 
Préface de Jacques Gaillot                                                                           
Introduction   (Vidéo : "Je voudrais écrire un livre !)                                                          
                                                                 
 
1ère partie : Façonnés par la JEC                     
 
1. L’apprentissage   
  Vidéos : Brassens : "Le gorille"  et  Brel : "Quand on n'a que l'amour"
              
                              
2. A pied d’œuvre   
  Vidéos :   Aimé Jacques et Céline faisaient partie de ce comité ...
               1ère Assemblée Générale du RAJA        
                         
3. Vivre ensemble  
                                                      
4. Faire l’unité en soi même   (Article de P. Benga Tonangoye)  
                              
5. Un Royaume à construire    
                                        


 
2ème partie :
Prêtre au service de la communauté
 
7. Les commencements  
 - Des photos de la 1ère Assemblée Génénrale des communautés 
 - 8 vidéos    :  Saint jean Baptiste
                          Saint David
                          Sainte Thérèse
                          Madeleine Delbrel (Nous avons joué de la flute...)
                          Saint François Xavier
                          Saints Pierre et Paul
                          Saintes Félicité et Perpétue
                          Saint Gabriel
 


7. Les commencements (suite)         
 - Video : Jacqueline (Bellevue)
 - Vidéo : Saint David
  
 
                               
8. La communion dans et entre les communautés 
  - Vidéo : Ensemble
  - Vidéo : Communauté Sainte Thérèse

8 suite. La communion dans et entre les communautés     
  -  Vidéo : Communautés chrétiennes aux Rois Mages (TV gabonaise 1977)
  -  Diaporama Visite aux communautés de Lambaréné.
9. L’évangile au quotidien   
                                           
10. Des eucharisties vivantes  
 Video : messe aux Rois Mages 
                                 
11. Organisons nous et Conclusion : Le tournant et la fin d’une belle époque !    
- Vidéo : Commmunauté de Venez Voir  
- Vidéo : le quartier Venez Voir

- Diaporama : Quartier Dragon 
- Video : Communauté Saint François Xavier
 
3ème partie : Si c’était à refaire…                
 
12. L’appel      
                                                               
13. Le travail - La formation du prêtre          
                   
14. Mariage et célibat 
                                                 
15. Mon rapport au sacré       
                                        
16. Contre l’autonomisation du prêtre, membre de la communauté. 
- Vidéo     : Mariage Nestor et Chantal
- Vidéo : Les explications de Rachel
    
      
                                    
17. Une bonne nouvelle pour chaque jour                        
Deux videos : Avec les entrepreneurs !
 

Conclusion
  
Vidéo : Anniversaire Communauté Saint David  
  
_____________________________________________________________________ 
 

COMMENTAIRES :
 
Kisito Owona + ajout de janvier 2007
Les videos  du blog  :





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PREFACE 

par Jacques Gaillot
 
 
            Il est passionnant de découvrir la germination d’une Eglise qui naît d’en bas, où l’on pressent que beaucoup de choses deviennent possibles. Une Eglise de petites communautés aux multiples liens, qui écoute avant de parler, qui accueille avant de juger, qui pose des exigences plus que des frontières. Une Eglise des humbles commencements qui nous dévoile la présence du Ressuscité marchant à nos côtés et nous rend le cœur brûlant.
 
            Avec les yeux ouverts et le cœur libéré, Gérard qui est heureux d’être spiritain, nous donne envie de faire partie de ces communautés au souffle de l’Esprit, où des hommes et des femmes qui croient au Christ, se retrouvent sur pied d’égalité, sans préséance ni hiérarchie, quelles que soient leurs responsabilités.
 
            Il a passé trente ans de sa vie avec des jeunes, dont vingt ans avec la Communauté des Rois Mages de Libreville. Avec la JEC, il a trouvé une nouvelle famille qui lui apportera tant !
 
            Son cœur est peuplé de visages de jeunes accueillis, écoutés, aimés… Son inlassable activité missionnaire qui le conduira à participer à des rencontres internationales ne se fera pas sans connaître des épreuves et des ennuis de santé. Mais sa passion de l’Evangile pour ceux que le monde délaisse, demeurera en lui comme un feu dévorant. Gérard parle en homme d’expérience et de terrain qui sait dévoiler avec simplicité les traits de l’Eglise de demain à partir des communautés, ainsi que la place et le rôle des prêtres au service de ces communautés.
            Notre époque est passionnante parce qu’elle nous oblige à innover, à prendre des initiatives, à faire du neuf. Concernant les prêtres, on ne peut plus se contenter de prolonger un système qui s’essouffle ou de reproduire des modèles périmés. Il ne suffit plus d’attendre que viennent des jours meilleurs. Ce n’est pas en remettant du liquide dans un tonneau percé qu’on le répare. Nous sommes invités à mettre le vin nouveau dans des outres neuves.
 
            A partir des communautés et de leur service pourquoi ne pas appeler des hommes et des femmes, célibataires ou mariés, ayant des engagements professionnels ou familiaux qui ne seraient plus nécessairement à vie dans l’Institution ?
 
            On ne devrait plus parler de clercs et de laïcs, mais plutôt de chrétiens parmi lesquels quelques-uns deviendraient prêtres. C’est à partir des besoins des communautés (et des communautés très diversifiées) que des chrétiens se proposeraient ou seraient appelés à devenir prêtres.
 
            Le temps est venu de sortir des constats pour vivre des réponses. Les communautés présentées dans ce livre ne nous disent pas qu’aller au grand large c’est trouver le grand calme. La vie au souffle de l’Esprit n’est pas sans vent ni tempête. Mais il y a toujours chez elles, le goût et la volonté de retrouver la source, le jaillissement de la vie : « Je suis venu pour que les gens aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance », dit Jésus (Jean 10,10)


                                                                      Jacques Gaillot
                                                                      Evêque de Partenia
 
 

 
Jacques Gaillot, lors de l’Assemblée Générale
de Partenia 2000, avril 2006
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

INTRODUCTION
 
 
 

 
En 1999, Geneviève, de la communauté Saint François Xavier, aurait aimé écrire un livre sur les communautés ! Eh bien, en 2003, je l'ai écrit. Le voici.
Geneviève dit beaucoup, en peu de mots : "Quand on rencontre un autre membre d'une autre communauté, on est renforcé !"
 



Trois parties
constituent ce modeste ouvrage qui se veut un plaidoyer pour une certaine façon de s’organiser en Eglise.

En réalité, la première partie : « Façonnés par la JEC » devait être la seule. Quand je me suis mis à écrire, j’étais parti pour consigner simplement un témoignage assez court qui devait répondre à cette question précise : « Qu’est-ce que la JEC m’a apporté ? »
 
Des jeunes Africains qui viennent de quitter la Jeunesse Etudiante Chrétienne, parce qu’ils sont entrés dans la vie active, se sont mis en réseau dans le but de ne pas perdre l’idéal qui les a animés durant leurs études. C’est dans le cadre de ce réseau que la question a été lancée, étant entendu qu’un jour ou l’autre, lorsque les témoignages rassemblés seront assez nombreux, un recueil sera confectionné et mis à la disposition de ce mouvement d’Action Catholique bien connu en Afrique. Ce sera, pensons-nous, une façon de rester au service de la JEC, qui nous a formés.
 
Je viens de passer une trentaine d’années avec des jécistes, au Gabon et en France. Il m’était difficile de faire court ! Difficile aussi de trancher ! Comment séparer la JEC du reste : de la formation reçue, des personnes rencontrées, des événements vécus ? En réfléchissant sur la question :« Qu’est-ce que la JEC m’a apporté ? », je me suis trouvé obligé de survoler mon parcours personnel. La JEC, et quelques autres éléments m’ont façonné, nous ont façonnés, et ont contribué à privilégier une façon de s’organiser en Eglise. La deuxième partie en est une illustration.
En 1995, j’avais écrit quelques pages sur ce que j’avais pu vivre dans les communautés chrétiennes que nous avions créées sur notre paroisse, à Libreville. J’avais intitulé ces souvenirs et certaines réflexions qu’ils m’avaient inspirés : « Jéricho », à cause du rempart qui s’écroula là-bas…
Vous ne voyez pas le rapport ? Vous allez comprendre ! En vingt ans, nous avons créé sur une paroisse de trente mille habitants environ, quatorze petites communautés. Ce n’est pas un exploit, mais quatorze, c’est trop pour un seul prêtre, dans la mesure où celui-ci est considéré comme quelqu’un qui a pour fonction d’être au service de la communion dans la communauté. Regrettant d’être devenu un touriste dans les communautés, je préconisais la solution suivante : que chaque communauté se trouve un chargé de la communion et que l’évêque l’ordonne pour ce travail. Bien sûr, aujourd’hui, cette façon de faire n’a plus cours, et nous savons combien il est difficile de changer des habitudes. Il est des murs difficiles à abattre. Mais à Berlin… à Jéricho…
Bref, continuant à souffler du cor, comme à Jéricho, j’ai repris quelques-unes de ces réflexions.
« Prêtre au service de la communauté », c’est ainsi que j’ai tenté d’être prêtre jusqu’ici, c’est aussi le titre de la deuxième partie.
 
 
Alors que j’écrivais les dernières lignes, je lisais, comme par hasard, dans l’une des nombreuses revues qui garnissent ma table de chevet, un dossier sur les prêtres. Dans ce dossier, Laure Caumont, qui fut professeur à l’Institut Catholique de Paris, propose une étude : « Jalons historiques ». Autrement dit : le prêtre à travers les âges ! Son article m’a donné envie d’aller fouiller un peu dans l’histoire et de faire quelques comparaisons entre ce que nous pouvons vivre aujourd’hui et ce qui a pu se vivre à d’autres époques. Les études et les ouvrages sur les ministères dans l’Eglise d’hier et d’aujourd’hui ne manquent pas. Dans la bibliographie qui accompagne son article, Laure Caumont cite une quinzaine de livres. Imprégné de la méthode Voir, Juger, Agir, je me suis surpris non seulement à comparer des situations actuelles et passées, mais aussi à envisager l’avenir et l’Agir.
« Si c’était à refaire » : voilà le titre de  la troisième partie  de mon propos.
 
 
Tout au long des pages qui suivent, vous aurez l’occasion de lire aussi ce qu’écrivaient eux-mêmes, des membres de la JEC, des équipes d’enfants ou des communautés : nous avons vécu ensemble les mêmes réalités, pourquoi ne pas leur laisser ici une place en conséquence ?
Vous pourrez lire ce qu’écrivait, au terme de son mandat, une responsable nationale de la JEC Gabonaise. C’était en 1989.
Et même si c’est un peu long, j’ai tenu à vous rapporter, le plus souvent tels quels, de larges extraits de ce qu’écrivaient les communautés en 1983, quand elles se sont mises à écrire leur histoire, après dix ans d’existence, pour les plus anciennes.
 
 

 
 
Nous sommes des milliers de prêtres à travers le monde, et il existe donc des milliers de façons d’être prêtre ! En voici une ! En bon jéciste, je suis parti généralement des situations vécues pour poser des questions : quelle communauté ? Avec quel prêtre ? Vers quelle société ? Sans occulter certaines déceptions, je pense avoir plutôt relevé des situations heureuses, proches de l’évangile. Des situations, des façons de faire qui permettent d’espérer qu’au jour le jour, la famille des chrétiens sera de moins en moins considérée pour elle-même et qu’elle sera de plus en plus porteuse d’une Bonne Nouvelle pour tous. Le sel n’est pas fait pour la salière, il est fait pour les aliments.
 
« En l’Afrique ou en Europe » … Voilà qui paraîtra ambitieux ! L’Afrique est immense : cinquante quatre pays, un peu plus de trente millions de kilomètres carrés, trois fois l’Europe. Il serait sans doute préférable de dire « au Gabon ou en France ». Mais en même temps, grâce à la JEC et au Réseau des Anciens Jécistes d’Afrique, mon horizon s’élargit chaque jour : les nombreuses rencontres internationales, les séjours chez les amis au Togo, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, ainsi que les Rwandais, Togolais, Camerounais, Nigérians, Ghanéens, Ougandais, Tchadiens retrouvés en France, en Suisse, en Belgique, aux Pays-Bas, toutes ces relations me permettent de parler « Afrique » et « Europe », sans oublier pour autant qu’il s’agit de deux continents bien distincts. Il suffit de le préciser et de toujours garder en tête l’idée que la diversité des situations est quasiment infinie ! En même temps, comme nous chantons partout : « Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême », une communauté chrétienne à Hesdin l’Abbé (diocèse d’Arras) en France et une communauté chrétienne à Akébé (diocèse de Libreville) au Gabon, se ressemblent comme deux sœurs !
(Juillet 2003)



Suite au   chapitre 1
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PREMIERE   PARTIE

 

 

 

Façonnés par la JEC

 

 

 

 

 

Solange et Marcel sont Camerounais. Ils se sont mariés dans les années quatre-vingt, à Yaoundé. Solange a été membre de la Jeunesse Etudiante Chrétienne camerounaise durant ses années d’études secondaires et universitaires. Elle a été dans l’équipe nationale de la JEC camerounaise de1983 à 1989.

 

Nous avons fait connaissance au Conseil Mondial de Louvain (Belgique), en 1986. La délégation du Gabon dont je faisais partie en tant qu’aumônier, et celle du Cameroun avaient sympathisé.

 



 

 

A Louvain, les délégations camerounaise et gabonaise

 
 
 
 
 
 



Pique nique, lors de la clôture du Conseil.







 
 
 
 
 
 
En 1997, nous nous sommes retrouvés à Abidjan pour la première Assemblée Générale du Réseau des Anciens Jécistes d’Afrique (RAJA) et en 1999, j’ai encore retrouvé, à Yaoundé, Solange et Marcel, à l’occasion de la deuxième Assemblée Générale du RAJA. J’ai même eu alors la joie de passer huit jours chez eux, avant l’ouverture de l’Assemblée.
 
Durant ces huit jours, j’ai accompagné plusieurs fois Solange dans les différentes démarches qu’elle avait entreprises pour le bon déroulement de l’Assemblée Générale. Aux uns et aux autres, je l’ai entendue expliquer : « La JEC nous a tellement apportés, nous voulons, maintenant que nous sommes entrés dans la vie active, apporter ce que nous pouvons, aux jécistes d’aujourd’hui et nous ne voulons pas perdre notre idéal... »
 
« La JEC nous a tellement apportés »
 
Nous nous sommes promis, lors de l’Assemblée de Yaoundé, de mettre, chacun, par écrit, quelques lignes sur ce sujet. L’âge moyen des membres du RAJA se situe entre trente et quarante ans. Je suis un des plus âgés puisque je viens de vivre trente ans, comme aumônier, avec des jécistes, au Gabon de 1971 à 1991 et en France de 1991 à aujourd’hui (2003).
 
Qu’est-ce que la JEC m’a apporté ? Je voudrais essayer de répondre ici à cette question. On la posait un jour devant moi, à brûle-pourpoint, à un jeune ancien jéciste. Il répondit : « La JEC m’a appris à parler en public  ! » Personnellement, elle m’a apporté quelques autres petites choses... Mais avant de les préciser, il est peut-être bon que je vous fasse part de mes premiers pas dans la vie chrétienne et de vous dire rapidement quelques mots sur ma vie d’apprenti prêtre.
 
En réalité, il n’est pas facile de délimiter précisément ce que la JEC apporte. Nous ne sommes pas fabriqués comme des armoires à tiroir ! Il ne suffit pas d’ouvrir le tiroir JEC et de recopier. Pour saisir comment la JEC façonne une personnalité, il faut fouiller un peu dans le passé et il faut prendre le temps de voir comment plusieurs rencontres, plusieurs éléments se sont imbriqués, comment plusieurs influences se sont combinées. C’est au fil des années que petit à petit le « VOIR - JUGER - AGIR » devient, non plus seulement une méthode, une pédagogie, mais plutôt une seconde nature !
Voir :   Révision de vie  
 




Chapitre 1
 
 
 
L’apprentissage
 
 
 
Un petit retour en arrière. C’est en terminale à Haffreingue-Chanlaire, collège catholique à Boulogne-sur-mer que j’ai découvert la JEC. C’était en 1960.
 
Dans le cadre du collège ( http://www.haffreingue-chanlaire.com/ ), l’abbé Cornet avait rassemblé une dizaine d’intéressés. J’en étais. C’est avec lui que j’ai fait mes premiers pas dans la JEC. A vrai dire, quelque quarante ans après, je dois avouer que mes souvenirs sont très vagues ! J’étais un peu timide et je ne devais pas m’exprimer beaucoup dans ce petit groupe. Je ne dirais pas que la JEC m’a appris à parler en public. Ce fut d’ailleurs un passage trop bref. En d’autres circonstances, plus tard, il a bien fallu que je prenne la parole en public... Mais je comprends, en me souvenant de cette brève initiation, la difficulté que certains peuvent avoir à parler, même en petit comité.
 
Je ne peux passer sous silence d’autres éléments qui m’ont influencé à l’époque.
 
Le scoutisme : de la quatrième à la terminale, j’ai vécu le scoutisme d’alors qui a eu le mérite de nous donner le sens de l’effort, de la débrouillardise au sens où l’on a appris à se servir de ses mains, et le sens de la vie en équipe. Il était alors question non pas d’équipe, mais de « patrouille ». Durant ces années, j’ai connu l’Eglise surtout à travers l’organisation d’une troupe scoute, où l’aumônier avait un rôle à jouer tout comme le chef de troupe et les chefs de patrouille. L’aumônier vivait avec tout le monde. Je ne me souviens pas qu’il était « au-dessus » de qui que ce soit.
 
         


   
 
 
  Camp  scout    (1959)
 
  
 
A Haffreingue-Chanlaire, en terminale, c’est l’abbé Noyer qui nous a initiés à la philosophie. Avec une très grande ouverture d’esprit qu’il n’a perdue ni en vieillissant, ni en devenant évêque d’Amiens ! Un jour, en salle d’étude, il m’a surpris en train de lire « France-Observateur ». Je croyais que j’allais entendre tout un sermon... Il m’a simplement demandé de ranger cet hebdomadaire (subversif à l’époque !)



Les terminales, en 1960-1961. L’abbé Noyer est assis, en bas, à gauche.

Je vous laisse le soin de me trouver !
 



  Avec Jacques Brel, on chantait « Quand on n’a que l’amour », avec Brassens, on chantait « Le gorille » ou « La complainte des filles de joie ». Nous avions alors cette chance d’avoir des chanteurs qui nous faisaient comprendre l’évangile de façon plus vivante que bien des leçons de catéchisme !
 
           

                
 

Quand on a que l'amour :

 

 

 

 

 
 
 

 
 

  Le gorille    

 

 

 

 

 
Après les études secondaires, changement de décor. Je suis entré chez les Spiritains : une année de noviciat, deux années de philosophie et quatre années de théologie, sans oublier le service militaire, transformé en temps de « coopération » à Libreville.
 
Les trois premières années chez les Spiritains furent plutôt pénibles. Formation à l’ancienne, avec des énormités qu’il serait déplacé de rapporter ici ! Juste une petite parenthèse bénéfique qui mérite d’être signalée : au premier congé, après l’année de noviciat et la première année de philo, nous pouvions passer quelques semaines en famille. J’en ai profité pour faire un saut à Lille où le Père Delattre, spiritain, organisait chaque année, une courte session sur le thème : « Action Catholique et Mission ». Je me souviens de deux interventions, celle de l’abbé Decourtray, futur évêque de Lyon, et celle de Faustin Togolo, jociste du Togo. Cette session fut un bol d’air frais entre deux années de philosophie thomiste.
 
 
 
De 1966 à 1970, ce fut la théologie à Chevilly-Larue. La vie y était à peu près normale. Naturellement, les études étaient plutôt théoriques mais cette formation intellectuelle était complétée par des temps passés en paroisse. Et si au début, je devais me contenter des deux heures de catéchisme aux enfants, le mercredi matin, les deux dernières années, chaque jour, en fin d’après-midi, je partais en mobylette pour Villejuif, dans les Lozaits, rue Karl Marx, rue Saint-Exupéry, rue Jean Mermoz.... J’ai eu cette très grande chance de passer quatre années sur la paroisse Sainte Colombe de Villejuif. Le Père Claude Dubuc m’a formé à l’enseignement du catéchisme, à l’Action Catholique de l’Enfance (ACE), à la préparation des parents au baptême de leurs enfants... Et le Père Christian, un saint, m’a influencé autant que Brassens !
 
 
 
  

 
 
 

Le Père Christian à Villejuif

 
 
 

 
 
 

27 juin 1982, 50 ème anniversaire de l'odination du P. Christian

 
 
 
Ce que je retiens de ces quatre années passées à Villejuif, c’est, entre autres, la philosophie du MIDADE (Mouvement International D’Apostolat Des Enfants) et donc de l’ACE, affiliée au MIDADE : les enfants ne sont pas l’Eglise de demain. A leur niveau, ils sont eux aussi, l’Eglise d’aujourd’hui. Ils transforment le monde et en font le Royaume de Dieu, tout comme les jeunes et les adultes. Difficile de dissocier ce que la JEC m’a apporté de ce que l’ACE m’a apporté !
 
Voir : http://ace.cef.fr/international.php3?id_article=130

En deux ans, dans les tours et les immeubles des Lozaits et des alentours, nous avons créé une douzaine d’équipes de J2. C’était, au début des années soixante l’appellation des équipes d’Action Catholique des Enfants. Au Gabon, l’appellation Cœurs Vaillants – Ames Vaillantes des débuts est restée. Au Cameroun, il est question de « Cop’monde », à Madagascar d’Ibalita, etc. Peu importe l’étiquette, variable d’un pays à un autre, l’idéal est toujours le même : à tout âge, on peut, on devrait vivre au quotidien en harmonie avec l’évangile. A tout âge, on peut, on devrait arriver à dire comme Saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Galates 2,20).
 
De ces quatre années à Sainte Colombe, j’ai retenu un art de vivre : le Père Claude et le Père Christian m’ont donné tous deux, chacun selon son tempérament, le témoignage peu banal d’une foi vécue. Je vois encore aujourd’hui, le Père Claude expliquant à des parents qu’il n’était pas tout à fait déraisonnable de baptiser leur bébé, comme ils le demandaient... à condition toutefois qu’ils sachent ensuite lui expliquer, le temps venu, la portée du geste. Il imaginait le bébé devenu enfant et il imitait à merveille cet enfant en train de féliciter ses parents : « Ah comme j’ai de la chance d’avoir de tels parents qui n’ont pas perdu de temps, qui m’ont baptisé au plus vite, qui m’ont mis dès le départ entre les mains de Celui qui nous fait vivre.... ».
 
Je vois aussi le Père Christian, en vélo sur la route, expliquant qu’en vélo, on a le temps de dire bonjour... Il m’a emmené aux halles de Rungis, à quatre heures du matin. Pas facile pour un séminariste qui ne manie que le bic, de boire à cette heure-là un verre de vin blanc avec une saucisse-frites !
 
Le Père Claude a quitté Villejuif. Je l’ai retrouvé trente ans plus tard à Vitry. Le Père Christian a quitté cette terre. Son livre « Les Pauvres à la porte » fait partie des livres que j’ai toujours à portée de la main. A Villejuif, j’ai encore des « amis de trente ans », et même de plus de trente ans... Chaque équipe d’enfants (J2) était accompagnée par un adulte. Etre avec les enfants nous avait alors rapprochés, et nous nous retrouvons encore aujourd’hui. Bernard, Monique, Simone, Françoise et ses parents habitent toujours à Villejuif. C’est fort de ces exemples, de cette formation que j’ai quitté cette localité. Après une mémorable paella, au 71 Avenue Karl Marx, les amis m’avaient accompagné jusqu’à l’aéroport du Bourget.
 
 
 
J’y ai pris l’avion et je me suis retrouvé dans un tout autre cadre : à Mouila, une petite bourgade dans le Sud Gabon.
 


J’y ai passé une année, en stage, officiellement pour apprendre une langue : le punu. Je suis arrivé là-bas avec ma valise : vingt kilos. Le reste des bagages est arrivé bien plus tard. J’avais un cahier, un bic, un petit magnétophone et un peu de bonne volonté. Un peu seulement : j’ai plutôt appris à boire le vin local, le moussoungou, vin de canne à sucre, en allant à pied (encore mieux qu’en vélo !), chaque matin, saluer, chez eux, les uns et les autres avec celui qui m’apprenait la langue, De Mbaïo.
 
 
 
                              
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  

Les petits tours au quartier, et le moussoungou !

 
 
 
Comme vous pouvez l’imaginer, les petits tours à pied n’étaient pas la seule leçon que j’avais retenue de Sainte Colombe. Je me suis empressé de répartir en petites équipes, la centaine de Cœurs Vaillants et d’Ames Vaillantes qui se retrouvaient ensemble, une fois par semaine, en fin d’après-midi, dans la cour de l’école.
 
La répartition en équipe s’est faite par quartier. Pour souder l’équipe, rien de tel qu’un travail fait ensemble. Certains habitants de Mouila avaient un jardin dans leur concession. Et pourquoi chaque équipe de CV-AV ne se trouverait-elle pas un terrain ? Pourquoi chaque équipe n’aurait-elle pas son jardin ? La proposition fut adoptée.
 
 
 
                    
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Les  jardins
 
 
 
Les difficultés ne manquèrent pas et je compris par la suite que ce n’était pas forcément une bonne idée. Mais le travail et les difficultés ont renforcé les liens entre les membres de chaque équipe, et même entre les équipes. De plus, chaque samedi soir, à tour de rôle, une équipe organisait dans son quartier, un feu de camp. Danses et saynètes, même déjà vues vingt fois nous réjouissaient toujours.
 
 
 
Sans être plus long, quittons l’ACE, quittons les équipes de Mouila et arrivons à Libreville. Nous sommes en 1971.
 
 
 
 ____________________
 
Vous pouvez envoyer vos commentaires à gerardw@spiritains.org


La suite au chapitre 2

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